En réponse au message :
Pédophilie, une épine au flanc du Pape François ?
Tant mieux, Claire, que vous ayez une approche différente. Je trouve ça très bien. Comme je le disais à Agapé, heureusement que nous ne sommes pas tous dans le même ressenti ni la même approche, sinon ce serait triste. Je comprends tout à fait que mon approche expérimentale et spirituelle vous dérange parce qu’elle sort du cadre dogmatique.
Mais ça me paraîtrait complètement aberrant de faire rentrer mon EMI dans un cadre religieux et dogmatique. Ce serait comme parler de mes orgasmes amoureux à un de mes employeurs. Ce qui serait parfaitement indécent, hors de propos et ridicule. De même que ma vie intime et amoureuse ne regarde que moi et mon compagnon, de même ma vie intime spirituelle avec Dieu ne regarde que moi et Dieu. Je vais pas convoquer prêtres, communauté religieuse catholique pour tenir la chandelle ou pour vérifier si l’effusion, la position amoureuse est correcte ou pas. Vous faites ça pour votre couple dans votre chambre à coucher ? Moi pas.
Concernant le Planning, je comprend aussi que vous soyez dans un positionnement différent du mien. J’ai eu aussi votre approche par le passé. Alors je peux tout à fait comprendre votre réaction. Cependant, j’ai envie de vous dire que, confrontée à la réalité d’une grossesse non désirée, que vous seriez incapable d’assumer physiquement, psychologiquement, affectivement, vous seriez surprise de constater que votre position sur le sujet serait beaucoup moins tranchée qu’elle ne l’est pour le moment.
Tant que cette réalité ne vous touche pas, il est tout à fait normal d’envisager la contraception et l’avortement sous l’angle religieux et dogmatique de condamnation et de criminalisation. Une fois confrontée de plein fouet à la chose, votre perception évolue. Ce qui vous paraît figé et indépassable théoriquement et religieusement ne l’est pas dans la pratique. Je le dis parce que je l’ai constaté. Et je tiens à dire que si je ne l’avais pas expérimenté cette différence entre l’idéologie religieuse théorique et la réalité pratique, j’en serais sans doute restée à ce qui m’avait été dit de la chose au plan religieux et dogmatique. C’est tellement plus commode moralement. Ca permet d’exclure tout un tas de gens, de choses, d’interrogations, de complexités, de contradictions intérieures et extérieures. Ce qui fait de moi une catholique Pro-Choix. Ce qui est le cas d’une majorité de femmes catholiques aujourd’hui de par le monde, même si ça déplaît à l’institution vaticane et à une frange catho intégriste Anti-Choix. Même si ce n’est pas votre positionnement à vous personnellement. Ce que je respecte tout à fait. Ce qui m’importe autant en tant que femme que catho croyante et pratiquante, c’est que les femmes aient le choix de décider si oui ou non, elles se sentent capables d’assumer une grossesse, une naissance, etc, etc. Contraindre une femme à une grossesse, c’est l’objétiser, la réduire à l’état de machine reproductrice. Cela nie sa place de sujet pensant et désirant. Cela confine au viol. Et le viol, je sais hélas trop bien ce que c’est.
Les dogmes ne viennent pas de Dieu. Ils sont fabriqués humainement par des institutions religieuses pour asseoir un pouvoir autoritaire matériel. Et ces dogmes évoluent dans le temps, selon les évolutions, les besoins des institutions religieuses en terme de pouvoir. Vous prenez par exemple l’infaillibilité papale, comme le célibat consacré chaste. Ces deux dogmes sont des créations humaines. Dieu n’a jamais créé ça ni demandé ça. C’est l’institution qui a créé ça à un moment donné pour que le pouvoir religieux soit pyramidal et totalitaire, incontestable et incontesté. Qu’il n’y ait pas le risque d’enrichissement des prêtres, des évêques par le biais de l’héritage de leurs enfants, donc pour empêcher le bas, le moyen et le haut clergé de pouvoir un jour contester le pouvoir papal, le système, etc. Mais ça n’a rien d’un désir de Dieu.
Et nous voyons bien de par les crimes et les situations hypocrites de notre clergé, que ces deux dogmes font plus de mal à la fois aux croyants mais aussi au clergé que du bien. C’est visible tous les jours. Si nous nous indignons autant de ce qui se passe dans certaines communautés et chez certains prélats, c’est pas pour des clopinettes. Mais bien parce que ces dogmes sont complètement aberrants. Un pape peut se tromper. Ce n’est qu’un humain imparfait et limité tout autant que ses frères et soeurs. Et le célibat consacré excluant toute sexualité et affectivité, est une affaire personnelle entre Dieu et la personne, mais ne correspond pas forcément à tout le monde et n’a pas à être imposé à la force du poignet. Parce que chacun est différent et vit les choses différemment. Dans la pratique, le clergé le sait bien puisqu’il y a autant d’hypocrisie et de réalités maritales, parentales, sexuelles parmi les clercs.
Jésus n’est pas un dogme mais une personne réelle. Ce n’est pas une création idéologique institutionnelle. Ce qui fait toute la différence.
Mais peut-être que pour vous, Jésus est un dogme. Pour moi, non. C’est une personne réelle qui poursuit de façon incarnée la révélation divine faite par Dieu lui-même de différentes façons, par différents moyens, à différentes personnes.
Je ne vois pas ce qu’il y a de New Age ni d’hérétique dans mon positionnement de croyante pratiquante catho. Certes c’est un positionnement très personnel mais pour autant très banal et classique.