En réponse au message :
Pédophilie, une épine au flanc du Pape François ?
Ce que j’ai compris dans cet écart, c’est qu’il y a souvent plus de proximité vis à vis de Dieu chez des gens qui ne le connaissent pas, que chez des croyants la plupart du temps. Parce que la plupart des croyants sont soumis à des religions qui sont plus des lieux de pouvoir, de manipulation et d’exploitation des individus, que des lieux de connaissance réelle de Dieu. Et c’est bien là, tout le problème.
Le filtre institutionnel religieux créée une séparation entre les humains et Dieu.Et non un rapprochement. Parce que l’institution religieuse, quelle qu’en soit l’obédience, instrumentalise Dieu. C’est là que l’on comprend la parabole, les premiers seront les derniers.
Entre l’amour immense que Dieu voudrait nous faire passer à tous et ce que nous recevons via les religions, c’est comme une source vive dont l’essentiel est détourné par un barrage qui ne laisserait passer qu’un filet d’eau. Et ce filet d’eau est pollué par différentes opérations destinées à soumettre les gens plutôt qu’à les émanciper. Comment donc des institutions religieuses peuvent-elles à ce point trahir Dieu tout en prétendant le servir ? Je n’ai toujours pas de réponse à ce sujet. Mais je ne peux que le constater depuis l’expérience de mort imminente que j’ai eue.
L’examen de conscience, je l’ai fait puisque j’ai complètement changé mon approche et ma pratique religieuse. Puisque j’ai pris en pleine figure que l’éducation dogmatique religieuse qui avait été la mienne était à des années lumière d’une relation vraie à Dieu. Par contre, il m’a fallu du temps pour opérer la mutation.
Ce type d’expérience est tellement fort qu’au début, on aurait tendance à rejoindre des mouvances mystiques type Renouveau Charismatique. Et j’aurais pu me laisser piéger à l’âge que j’avais, et avec le milieu familial que j’avais. Mais j’ai eu de la chance, en comprenant rapidement que ces communautés étaient dans la mise en scène, pas dans une démarche authentique. Le fait d’avoir quitté mon milieu, de fréquenter des gens différents et aussi d’avoir eu cette expérience, tout ça m’a permis un discernement que je n’aurais pas eu si j’étais restée confinée dans le même cadre originel. Et puis je suis allée voir ce qui se passait aux Béatitudes (qui s’appelaient encore le Lion de Juda) pour essayer de voir ce qui s’y vivait hors des messes et célébrations démonstratives. Et j’ai compris le désarroi de beaucoup derrière une façade souriante et joyeuse. Ca et le virage intégriste du début des années 90 avec des intervenants issus de groupes politiques d’extrême droite (Boutin, de Villiers entre autre), ça m’a comme qui dirait vaccinée vis à vis de ce groupe et du Renouveau Charismatique en général. Et bien m’en a pris, parce que vus les scandales qui ont eu lieu…
Par la suite, je n’ai plus cherché à fonder ma foi sur un groupe. Mais de centrer ma foi sur cette relation personnelle avec Dieu. Ce qui m’a permis de dissocier foi et religion. D’acquérir une foi adulte.
Dieu m’avait montré qu’il n’y avait pas besoin de filtre. Alors pourquoi j’aurais été en chercher un ? Ca c’est le vieux réflexe de Pavlov à vouloir se mettre sous dépendance d’un groupe, justement parce que l’éducation religieuse que nous avons reçue, joue sur l’indignité collective et individuelle des personnes et non sur leur capacité à entrer en contact direct avec Dieu. Or Dieu veut cette effusion directe pour chacun. C’est la Pentecôte qu’il veut pour tous. Donc pourquoi aller chercher des traducteurs ou des barrières entre Lui et nous ? Avant, je n’aurais pas du tout pensé ça. L’institution religieuse, la religion quelle qu’elle soit, me paraissait la seule voie pour comprendre, aimer Dieu.
En fait, j’ai compris après cette expérience, que toute religion était un outil culturel de départ mais qui n’avait rien à voir ni avec la foi ni avec la relation privée avec Dieu. Ca a été la grande découverte que j’ai faite. Qui fait que par la suite, j’ai privilégié la foi et la relation privée, personnelle, plutôt que l’aspect communautaire dont je prenais conscience des errances et des contresens (ce qui ne veut pas dire que tout est à jeter, il peut y avoir des gens formidables, des groupes formidables mais relativement minoritaires et isolés).
Ce qui ne veut pas dire que pour autant je renie mon catholicisme de départ. Je le vois juste comme un outil culturel de base, donné par ma famille. Mais que j’ai dépassé pour entrer dans une approche personnelle et relationnelle qui est bien plus nourrissante et vivifiante. Et qui s’appelle la foi. Une foi qui ne dépend plus des dogmes religieux appris mais qui dépend entièrement de cette relation personnelle dans la prière que je nourris tous les jours et qui me nourrit, nourrit mes relations humaines, ma pratique professionnelle, artistique.
Nulle envie de créer ma propre religion. Ni de convertir des gens. Ca me paraîtrait complètement ridicule. Dieu n’a pas besoin de moi pour leur faire vivre l’étreinte que j’ai connue. Et puis qui me dit que cette étreinte ne terroriserait pas d’autres personnes ? Chacun(e) a une sensibilité unique, donc Dieu trouvera bien un moyen unique, adapté à la sensibilité et au parcours de chacun(e) pour se faire connaître et aimer. J’ai toute confiance en Lui. Ce n’est pas mon rôle que d’aller faire de la retape. Ce que j’ai vécu est tellement personnel que ça me paraîtrait incongru de vouloir que d’autres vivent la même chose. Déjà, je ne souhaite pas que les gens vivent une EMI parce que ça voudrait dire être très gravement malade ou avoir un accident très grave. Ce que je ne souhaite à personne. Pour être passée par là, morfler comme j’ai morflé physiquement et aussi jeune, je préfèrerais éviter ça à d’autres.
Et puis Dieu n’a pas besoin de EMI pour se manifester. Il le fait sans ça, chaque jour, auprès de chacun. Il fait signe. A chacun, chacune de repérer les signes privés qui lui sont envoyés. Vous vous rappelez le chant : « je cherche le visage, le visage du Seigneur. Je cherche son image, tout au fond de vos cœurs ».