En réponse au message :
NDE/EMI
Bonsoir Eglantine
En fait la distinction entre EMI et NDE est juste une question de langue. EMI c’est la version française (expérience de mort imminente) et NDE c’est la version anglaise du même phénomène (near death experience).
Je l’ai connue à 19 ans, à la suite d’un coma dépassé en milieu hospitalier. Je suis donc sortie de mon corps. Ce qui fait super bizarre. Au début, c’est une sensation de panique totale et puis on touche le corps qu’on a quitté, on essaie de faire signe aux médecins en train de nous ranimer et rien…Pourtant on entend et on mémorise tout ce qu’il y a comme bruit, comme parole. D’ailleurs au retour, on est capable de dire tout ce qui a été dit au moment des tentatives de réanimation avec une précision…j’ai jamais connu ça en dehors de cet évènement. Les médecins en sont très souvent gênés. D’autant qu’on ressent tout ce qu’ils ressentaient et pensaient à ce moment-là. Quand on leur dit, ça leur fait peur la plupart du temps. Un peu comme si l’on était rentrés en eux.
Et puis d’un seul coup, on perçoit une lumière sur nous et plus rien n’existe que cette lumière qui est douce, belle, attirante, rassurante. On monte la rejoindre dans une légèreté difficile à expliquer avec des mots. C’est une légèreté d’allégresse, de confiance mais aussi légèreté physique, comme ces lanternes en papier toutes légères et qui montent doucement dans l’air. Il n’y a plus la lourdeur ni la pesanteur du corps sans pour autant qu’on ait l’impression de ne plus en avoir. C’est ça le plus curieux d’ailleurs. Et c’est notre personne dans tout ce qu’elle est, a été, qui est dans cette forme de corps énergétique qui se déplace aisément d’un endroit à l’autre sans qu’il y ait pourtant de notion claire d’espace ni de dimensions. Ca aussi c’est étrange…c’est si peu habituel, si peu terrestre. Mais c’est pas pour autant quelque chose qui fait peur. C’est comme si c’était normal et que tout s’enchaînait à la perfection. Nous sommes là où nous devons être.
Je pense que sur cette part d’expérience, vous retrouverez un bon nombre de personnes qui vous diront la même chose que moi, à peu de détails près.
Après cette phase, chacun reçoit une approche différente, spécifique au message que le Seigneur souhaite nous adresser pour nous aider à progresser, lui sachant pertinemment que nous ne serons là qu’un bref instant. C’est du moins comme ça que je l’interprète avec ma culture et ma sensibilité, ma foi personnelle.
Dans mon cas, j’ai reçu une étreinte physique, psychologique, affective, spirituelle d’une douceur, d’une tendresse, d’une profondeur que jamais je n’ai retrouvées sur terre, même dans les moments d’extase et d’amour les plus beaux. J’ai ressenti que j’étais aimée de Dieu jusqu’à la plus microbienne partie de moi-même. Et que cet amour enveloppait le monde entier avec la même intensité, la même vibration perpétuelle, comme une onde électrique qui se diffuse. Et qui peut aussi se servir de chacun de nous, dans la mesure où nous acceptons, pour être passeurs de Dieu. Sans forcément ni le nommer ni en parler. Mais en lui laissant la porte de notre cœur ouverte.
Cette étreinte merveilleuse que j’ai expérimentée n’avait pas de corps mais une réelle densité. C’était une étreinte faite d’énergie multicolore tout en étant blanche, énergie qui me traversait, m’enveloppait, me remplissait sans m’agresser ni me blesser ni me contraindre. Je ne sais pas comment c’était possible, mais c’est ce que je peux en dire. C’est compliqué de transmettre ce genre de chose. Les mots sont pauvres, je trouve. En tout cas, cette étreinte me remplissait d’un bonheur total. Je n’avais plus rien à désirer. J’étais comblée au-delà de moi. J’avais une sensation de débordement intérieur et extérieur, comme lorsqu’on se trouve sous une cascade, mais sans pour autant suffoquer. C’était comme si mon corps énergétique chantait, louait, ne savait plus que murmurer à l’infini « je t’aime » sans parole mais en écho à cette étreinte d’amour infini qui me disait aussi « je t’aime ».
J’aurais toujours voulu rester ainsi. C’était tellement suave, tellement plein, tellement lumineux, heureux…Je comprenais à ce moment-là que tout ce qui avait été dit sur Dieu, sur Jésus, l’Esprit Saint, c’était vraiment très, très pauvre en terme de connaissance. Je comprenais d’une autre façon et la transfiguration et la pentecôte et certains psaumes, certains passages de la Bible, des évangiles mais aussi certaines révélations d’autres religions, d’autres philosophies, cadeaux de Dieu aux hommes pour pouvoir le découvrir. Ca m’était donné sur l’instant en cadeau gratuit. Plein de choses auparavant très dogmatiques m’apparaissaient incongrues, absurdes, et plein d’autres choses magnifiques, réelles au-delà de tout. C’était comme si j’avais été plongée dans une compréhension divine par delà tout ce que je connaissais, comme si on m’avait entrouvert le ciel. La générosité de ce don me bouleversait de reconnaissance et d’émerveillement.
J’avais l’impression d’enfin saisir Dieu tel qu’Il est vraiment et plus du tout au travers du prisme culturel et religieux qu’on m’en avait donné enfant et ado et qui était auparavant mon quasi seul repère. Et l’écart entre les deux perceptions était juste immense.
C’était presque incroyable à quel point Dieu était différent et en même temps bien au-delà de ce qu’en disent les religions en général.
Et puis, j’ai vu une silhouette vêtue d’une tunique dorée scintillante, qui m’a sortie de l’étreinte et qui m’a conduite à un endroit différent, moins lumineux et qui m’a expliqué que je ne pouvais rester plus longtemps. Que j’avais encore de la route à faire sur terre et la silhouette a pris ce que je pouvais interpréter comme étant ma main pour la placer dans une autre main que j’ai reconnue être celle d’un homme mais dont j’ignorais l’identité. Après ce geste, la silhouette dorée m’a signifié que maintenant, je saurais faire face et que j’avais reçu la force qu’il fallait pour avancer et que plus jamais je ne serais seule. La silhouette m’a ensuite poussée et je suis tombée à la renverse comme dans un trou sans fond, chute qui m’a fait m’écraser avec fracas et atroce douleur dans mon corps terrestre.
Alors là, je peux vous dire que si l’expérience globalement fut géniale et que j’en garde depuis une nostalgie immense, le retour fut d’une violence et d’une souffrance sans nom. C’est là qu’on comprend la différence entre l’âpreté de la vie humaine et la douceur de l’au-delà. La reconnexion au corps physique est d’une douleur sans équivalent pour moi.
Techniquement et physiquement, on a l’impression de s’écraser à vitesse grand V jusqu’à traverser le corps, la matière et l’enfoncer de plusieurs centaines de mètres dans la terre (tellement l’énergie qu’on était devenu est puissante, revêtue de la lumière et de l’amour de Dieu) et du coup, on a la sensation d’avoir le corps terrestre une fois réintégré, brisé en miettes. C’est la sensation première, avec l’impression que notre cœur va sauter hors du corps tellement il fait mal. Il m’a fallu d’ailleurs plusieurs jours pour pouvoir marcher tellement mon corps était au-delà de la douleur . Chaque battement de cœur semblait sortir de ma poitrine tellement la douleur était forte et je me sentais tout le temps essoufflée, comme si je cherchais ma respiration. La réa par chocs électriques est assez terrible pour ça. Le réveil fut donc brutal. Et le retour parmi les vivants aussi.
La globalité de cette expérience a duré au plus une dizaine de minutes. Mais dans ma perception en décorporation et d’expérience, il s’était écoulé des heures.
Là aussi, c’est un truc étonnant, car la notion de temps n’existe pas. Mais comme on vit le moment pleinement, avec tous les sens ouverts et en situation d’accueil, ainsi que toutes les plus infimes parties de notre être, la notion de temps semble beaucoup plus vaste sans forcément qu’elle ait de l’importance. Seul compte l’instant. En ce sens, ça ressemble à ce que nous vivions quand nous étions tout petits. Vous savez, cette sensation de plénitude absolue, qu’on perd en grandissant…On la retrouve dans ce genre d’expérience et je pense qu’on doit certainement la retrouver une fois réellement mort.
Depuis cette expérience, je n’ai plus vécu ma foi de la même façon. Je suis passée d’une pratique religieuse plutôt très codifiée, plus communautaire que personnelle à une pratique religieuse très personnelle et privée et un peu moins communautaire.
Une pratique privée qui se situe dans un vrai cœur à cœur sans tabou avec Dieu.Assez semblable à l’oraison religieuse. Mais pas dans les mêmes conditions. Oraison que je retrouve dans ma pratique professionnelle d’enseignante mais aussi dans ma pratique artistique. Je laisse Dieu passer et agir en moi, me révéler ce qu’Il veut sur l’instant. Et je donne ce qui m’est livré du mieux que je peux. Cette sorte d’effusion s’est mise en place très rapidement après mon expérience de mort imminente. C’était une sorte d’évidence. Qui s’est d’elle-même imposée. Je ne l’ai pas cherchée. C’était juste logique.
Je suis sortie du coup, peu à peu du dogmatisme familial, parce que j’ai compris encore plus qu’avant, qu’il était destructeur, malfaisant. Et j’ai peu à peu saisi, d’abord confusément, puis de plus en plus clairement, les errances de l’institution cléricale et des religions en général sur la question de Dieu. De la contradiction profonde entre pouvoir religieux terrestre (de quelque religion émane-t-il) qui pense être un pur produit céleste alors qu’il n’est qu’une ambition exaltée humaine très matérielle, artificielle, violente et manipulatrice, la plupart du temps.
J’ai compris que chacun pouvait recevoir Dieu chaque jour de sa vie, sans pour autant être baptisé, ni catéchisé ni confirmé, ni pratiquant. Ce n’était pas une question de sacrements, de pratique religieuse, même pas de croyance mais une question d’accueil de Dieu, même si Dieu est inconnu ou nommé différemment. J’ai compris que Dieu se fiche du protocole, des règles humaines pour nous aimer à plein cœur et se faire connaître selon notre propre sensibilité et à notre rythme, qui n’est pas celui du voisin ou de la voisine. Mais qui est unique. Et qui a sa propre résonance, sa propre qualité à nulle autre pareille.
Ce qui fait qu’il n’y a pas de fatalité ni de hiérarchie pour Dieu. Des choses que je n’aurais jamais crues possibles avant.
De même, j’ai compris la présence de Dieu partout, dans chaque micron de matière dégageant une énergie. Que cette énergie soit magnétique, électrique, atmosphérique, tellurique, radio…Avant, je n’aurais jamais compris la présence de Dieu que sous forme d’une pensée éthérée, désincarnée, purement intellectuelle, uniquement sur les bases du catéchisme catho et des enseignements de l’Eglise.
L’expérience m’a rendue à un Dieu plus physique, plus incarné sans que cette incarnation soit humaine. Mais énergétique. Et notre décorporation, notre âme est énergie et elle emporte le souvenir du corps terrestre sans sa pesanteur ni l’embarras qu’il peut constituer. L’âme est une sorte de mémoire vive du corps, tout en étant aussi le disque dur central. Je ne sais pas si ça vous parle, ce genre de comparaison, mais c’est que j’ai trouvé de plus imagé pour vous expliquer un peu tout ça.
Bonne nuit ! En espérant avoir répondu à vos attentes.
Cordialement Françoise