En réponse au message :
Le ras-le-bol populaire vis à vis des abus, crimes, malversations subis
Polanski a fait un mois et demi de prison au moment des faits pour le crime sexuel dont il était coupable. Par contre, il a fui et c’est pour cette fuite qu’il a été inquiété par la justice américaine. Sachant qu’entre temps en 93, il y a eu négociation financière pour que la procédure judiciaire soit arrêtée.Celle-ci s’est poursuivie parce qu’il n’y avait pas d’accord amiable avec la victime sur le montant de la réparation financière. Cet accord a été réalisé fin des années 90, semble-t-il sans que le montant de la réparation soit connu. Ce n’est pas la victime qui a demandé son extradition aux US (pour elle l’affaire était close et elle l’a clairement fait savoir dans différents médias américains et internationaux) mais un juge qui voulait relancer sa carrière. Entraver la volonté de la victime en la replongeant au cœur de l’affaire datant de 32 ans, alors qu’elle souhaitait plutôt que tout s’apaise pour éviter de traumatiser ses enfants, c’est une autre forme de violence. Qui n’a apparemment pas interrogé le juge. Samantha Geimer a réitéré sa volonté de ne pas relancer l’affaire en 2013 lors d’un voyage en France pour défendre le livre qu’elle a écrit sur ce qu’elle a vécu toute jeune fille.
Depuis, on peut pas dire que le cinéaste se soit beaucoup montré. Les soutiens artistiques et politiques français qu’il a eus évitent de s’exprimer sur l’affaire. Et il a été mis en cause comme Strauss-Kahn par différents mouvements féministes, français et étrangers.
Détails supplémentaires sur le personnage et son crime, ici :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_Polanski
Concernant Strauss-Kahn, il a été mis en examen pour son crime, a été emprisonné à Rikers Island quelques jours puis placé en résidence surveillée, mais c’est la victime elle-même qui a négocié une réparation financière avant que le juge de la Cour Suprême du Bronx statue sur le cas de l’ancien directeur du FMI. C’est ce qui a mis fin aux poursuites judiciaires.
La carrière de Strauss-Kahn depuis n’a pas repris. Il s’est fait poursuivre pour d’autres affaires : celle de Tristane Banon, celle du Carlton et encore une affaire frauduleuse de fonds d’investissement qu’il avait monté avec sa fille. La seule activité qu’il ait depuis quelques mois, c’est d’être au conseil de surveillance d’une banque ukrainienne en Serbie…Franchement rien à voir avec ses fonctions d’avant. Politiquement il est cuit.
Entre ces affaires frauduleuses et ses crimes sexuels, l’affaire de la MNEF, je vois pas ce qui pourrait le relancer sur la scène politique tant française qu’internationale. Il s’est grillé partout.
Détails supplémentaires sur le personnage et les affaires criminelles dont il fut l’objet ici :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Strauss-Kahn
Ce que je pense personnellement de ces deux affaires, c’est que les deux sont coupables et j’aurais préféré, plutôt que ces arrangements financiers négociés avec leurs victimes, qu’ils passent aux Assises et soient jugés pour 20 ans de prison chacun. Aux US, ça se passe différemment. Les victimes négocient des réparations financières conséquentes lorsque les criminels sont des gens connus. Ca me parait aberrant mais bon, si ça convient aux victimes…
Avant l’avènement des droits de l’enfant en France, sur les affaires d’inceste dans les familles bourgeoises, notables, il y avait négociation (sans réparation financière je précise) à huis clos entre les médecins ayant constaté les violences sexuelles, physiques et le ou les parents incesteurs avec lettre d’engagement des incesteurs. Je le sais, je l’ai vécu en tant que victime d’inceste. Et je n’ai pas eu le choix de refuser. C’était comme ça que ça se passait. La société de l’époque ne voulait pas du tout voir ses notables mis en cause dans des affaires d’inceste, de violences physiques et sexuelles. Tout était fait pour décourager les victimes mineures de porter plainte pour aboutir à une négociation, dossier à l’appui déposé dans un coffre et pouvant, en cas de non respect de la négo, être déposé entre les mains des autorités judiciaires.
Ce système de négociation n’a je pense guère changé en milieu aisé, bourgeois ou VIP, si j’en crois l’affaire relativement récente concernant les viols subis par Laurent de Villiers et incriminant son frère Olivier.
Ce qui a changé depuis l’avènement des droits de l’enfant, c’est que des mineurs peuvent porter plainte plus facilement, et plus rapidement dénoncer les violences sexuelles, physiques, psychologiques subies de la part d’adultes (parents, éducateurs, profs, etc), tous milieux confondus. Le numéro vert 119 a beaucoup aidé ainsi que différentes campagnes d’associations de victimes comme l’AIVI, l’Enfant Bleu, etc. La parole s’est libérée sur ces sujets terribles aussi bien dans les familles que dans la société. Ce qui est une très bonne chose et participe à de plus en plus de dénonciations pour pédophilie, inceste, violences diverses.
Concernant l’Eglise, depuis l’avènement des droits de l’enfant en 1989, l’institution a vu les plaintes pour pédophilie de prélats s’empiler encore plus au Saint-Office, devenu la Congrégation de la Foi. B16 qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, entré en fonction en 1981, était donc parfaitement au courant de toutes ces plaintes. Prétendre comme il l’a fait qu’il n’avait pris conscience du problème pédophile qu’en 2002, soit 30 ans après son entrée en fonction, c’est un énorme mensonge. Car les dossiers pédophiles font partie des plus importants dossiers de la Congrégation de la Foi. Et il savait l’existence des établissements catholiques de traitement de prélats pédophiles partout aux US et en Europe. Donc là aussi, ne rien dire, continuer à autoriser les prélats pédophiles à exercer des fonctions cléricales, les déplacer de paroisse en paroisse, alors même qu’il avait les dossiers en main pour dénoncer les prélats criminels et les faire traiter médicalement, c’est vraiment lamentable.
Enfin, il ne s’agit pas dans mon discours, de dialectique du peuple contre les élites. Mais d’un mouvement large de ras-le-bol populaire contre crimes, malversations, abus quotidiens perpétrés aussi bien par des institutions religieuses que des institutions politiques, financières, patronales. Le principe de la goutte d’eau qui fait déborder le vase est manifestement atteint et Nuit Debout le montre chaque soir dans ses débats, ses échanges. Le film de Ruffin montre bien les pratiques de voyous de LVMH et les conséquences dramatiques sociales et économiques que ces pratiques ont sur les anciens salariés.
Sans doute, votre situation personnelle ne vous fait-elle pas mesurer la situation critique vécue par une bonne partie de la population française, aussi bien au plan économique, financier, social, etc. Ma situation de vacataire précaire depuis 13 ans me place dans la compréhension directe du ras-le-bol actuel populaire. Et le fait d’avoir été victime d’inceste et victime collatérale de l’OD après l’assassinat de mon père, fait que je comprends parfaitement et soutiens le ras-le-bol et la volonté de dénoncer les institutions cléricales de différentes victimes de prélats pédophiles.
Etre chrétien, catho ne signifie pas accepter de se faire bafouer physiquement, sexuellement, financièrement, économiquement, professionnellement, socialement, politiquement. Y a des limites !
Aujourd’hui des cathos qui ont vécu comme moi ces abus et crimes relèvent la tête et demandent des comptes aux abuseurs et criminels. C’est une très bonne chose.