En réponse au message :
Des victimes d’un prêtre pédophile brisent le silence
Bonsoir Jean-Louis
Merci pour votre témoignage, bouleversant, touchant.
Dans les années 60, vous saviez que votre parole ne serait pas prise en compte. Et l’autorité cléricale était encore bien trop importante socialement, religieusement, politiquement pour que vous puissiez dénoncer la chose. Sans compter qu’il est très compliqué, et je suis bien placée malheureusement pour le savoir en tant qu’ancienne victime d’inceste, de pouvoir immédiatement dénoncer des abus, des viols. On passe par un phénomène de sidération, de terreur, d’abattement qui peut durer longtemps. Sans compter parfois un passage à vide durable, presque amnésique et post traumatique, ce que le Dr Muriel Salmona appelle la mémoire traumatique. Donc ne culpabilisez pas ! L’essentiel est d’avoir pu parler et dénoncer tout ça, même s’il y a prescription. C’est un premier pas important pour pouvoir engager une reconstruction.
Un petit lien sur ce qui se passe dans notre cerveau après de tels traumatismes :
http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/origine-et-mecanismes.html
Après, même si ça vous paraît tardif, vous pouvez toujours engager une thérapie psy pour vous aider à remonter la pente. Il y a aujourd’hui une offre thérapeutique large et pas uniquement des entretiens psychanalytiques longs et coûteux. Idem pour votre addiction à l’alcool liée à ces traumatismes.
Prendre soin de vous est primordial.
Pour avoir engagé une thérapie très longtemps après les viols et abus subis, je peux témoigner de l’efficacité et du bien-être engendré par ces thérapies. J’avais choisi l’EMDR. Après, vous avez plein d’autres thérapies (TCC-thérapies cognitives comportementales, Gestal thérapie, hypnose éricksonienne, méthode Démêlés, analyse psychanalytique, etc). Il y a forcément une démarche qui pourra vous convenir et vous aider. Et ça en vaut la peine. Relativisez les réactions vaticanes. Elles sont purement formelles, protocolaires.
Où que vous soyez en France, vous pouvez vous adresser à l’INAVEM, soit pour trouver un thérapeute, ou simplement disposer d’ un lieu d’écoute, d’aide avec juristes, psys, etc. Ils ont un site internet avec des antennes régionales partout en France et un centre d’appel 24H/24.
Vous pouvez également vous faire soutenir par l’AVREF.
Plein de soutien et de courage dans votre démarche de reconstruction.
Cordialement Françoise