En réponse au message :
La dignité humaine par Franck
Dans le monde religieux, dont je fais partie depuis 48 ans,les frères Philippe étaient connus comme étant ….disons « spéciaux ». On savait qu’ils avaient fait dans leur ordre (dominicain) l’objet de mises à l’écart, qu’ à l’époque on ne se souciait pas de caractériser (par habitude de ne pas parler sur son prochain, habitude aujourd’hui complètement balayée, pour le bien sans doute, mais pas uniquement). Donc, on savait que le P. Thomas Philippe, anciennement maitre des études au Saulchoir, avait été obligé de renoncer à sa charge, qu’il en avait été contraint par sa hiérarchie. Certains alléguaient des problèmes mentaux, d’autres des problèmes de moeurs qui lui auraient valu cette mise à l’écart. Certains disaient que le problème était doctrinal. Etant thomistes l’un et l’autre, Thomas et Marie-Dominique n’étant pas trop favorables à la ligne conciliaire d’ouverture, on les avait remisés. C’était la thèse qui prévalait. En tous les cas, au commencement de leur nouvelle aventure, l’un à l’Arche, l’autre à la création des frères de saint Jean, leur statut était mal défini. Ils avaient tous deux la robe dominicaine, mais ils n’avaient pas de vie dominicaine en communauté. Le P.Thomas Philippe n’était plus concrètement dominicain puisqu’il vivait seul à Trosly-Breuil. Quant au P. Marie-Dominique, il jouissait de toutes les dispenses possibles pour ne pas suivre la vie commune des dominicains. S’ils avaient quelques vices cachés, ce qui est probable, cette vie errante, loin de leurs communautés d’origine ne pouvait que les aider à les pratiques contestables. En plus, dans le monde religieux, tout le monde savait que le P.Marie-Dominique connaissait Mgr Lefebvre et entretenait une amitié avec lui fondée sur une trés grande méfiance pour le concile. C’était connu. Quand il a fondé les frères de saint Jean, on savait qu’il voulait faire pièce aux dominicains devenus trés progressistes depuis la fin du concile et qu’il voulait rétablir un ordre dominicain sur des bases sérieuses, traditionnelles, et tout et tout. Il voulait créer quelque chose d’aussi éloigné que possible des idées conciliaires. Il était opposé à l’évolution de l’ordre dominicain qui connaissait alors une grande crise. Tout ça fait qu’on avait créé des sortes d’explosifs qui, un jour exploseraient. 1° ON refusait le concile, l’évolution de l’Eglise pour une entreprise de Restauration créée sur des bases autonomes, entièrement en marge de la vie commune de l’Eglise. Ce qui explique que la formation dans la communauté St Jean (hommes et femmes) ait été, des années durant, l’affaire du seul P.Marie-Dominique Philippe, qui enseignait toutes les matières et était l’unique formateur. Pendant des années. On évitait tout contact avec des universités ou facultés de théologie par crainte d’influences conciliaires pernicieuses. 2) Ce comportement devait créer un grand malaise. On vivait complètement à l’écart de la vie de l’Eglise, de contacts normaux avec la hiérarchie. L’enseignement autarcique était insuffisant, faible et anachronique. Le P. Marie-Dominque passait pour le génie universel qu’il n’était sûrement pas. On s’extasiait devant ses écrits qui devaient révolutionner la théologie contemporaine et on se trouvait face à des banalités tout au plus bien connues qui ne faisaient rien avancer. 3° Tout cela « marchait » avec le comportement déviant. On se cachait, on était seul gouvernant (et de plus seul enseignant) se méfiant de toute fréquentation de l’Eglise qui pourrait mettre le nez sur certaines manières de se comporter. On vivait entree-soi en pleine autarcie pendant des années, tournant en rond, avec des enseignements séducteurs et assez creux. (en tous les cas, conceptuels et inactuels). 4) Tout cela met en lumière que le courant de refus conciliaire pour faire sa sauce à part, en se cachant de tout le monde, est tout à fait conforme à la manière du déviant qui est un séducteur, voulant que tout le monde soit à ses pieds, ajouté à un dissimulateur qui joue au grand saint faute d’en avoir acquis les réflexes. Le refus du concile est un élément majeur de ce comportement vicieux. 5°)Quant au P.Thomas Philippe, je ne comprends pas que les laïcs qui gravitaient autour de lui aient été tellement subjugués pas lui. On lui tressait des couronnes, ce qui plait au narcissique et l’encourage dans dans ses vices. J’ai été souvent témoin de l’adulation dont bénéficiait le P.Thomas. Les laïcs devraient eux aussi exercer une certaine clairvoyance et ne pas ériger des stèles à des vivants, surtout lorsqu’une suspicion pèse sur leur personnalité. Id. pour le P.Marie-Dominique, qu’on a canonisé de son vivant. Toute sa communauté en faisait un grand saint. S’il ne voulait pas suivre la règle de l’Eglise et le concile, il ne pouvait pas être un saint, puisqu’il était contestataire de l’Eglise sans toutefois le montrer extérieurement, ce qui était hypocrite. En fait, il était surtout habité par la volonté d’être le grand manitou d’un empire dont lui seul serait le monarque, ce qui est typiquement le profil du séducteur narcissique et beau parleur et non du saint humble et recueilli. Ce qui est grave là-dedans c’est que tant de personnes aient mis ces Philippe sur des piédestals. Ils étaient encouragés à se croire des génies sprituels par la cour des adulateurs qui les encensaient jour et nuit. Pourquoi se laisse-t-on captiver aujourd’hui par ce genre de personnalités ?_