En réponse au message :
Polarisation et biais de confirmation
L’explication du concept de « biais de confirmation » pendant l’émission du BBC world (7/3/2016) me faisait naturellement penser à l’échange très polarisé que nous avons vu passer dans ce forum. (http://www.bbc.co.uk/programmes/p03kpvjf, en anglais). L’émission essayait d’expliquer l’origine et la persistance des théories de conspirations.
(Wikipédia) Le biais de confirmation désigne le biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses (sans considération pour la véracité de ces informations) et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses jouant en défaveur de ses conceptions.
Conspiration 1 : l’enversdudecor.org est un groupe secret qui cherche à se faire entendre dans l’Eglise pour discréditer l’héritage des pères (du père) Philippe.
Conspiration 2 : l’Eglise institutionnelle est pris en otage par des mouvements secrets qui agissent pour garder le pouvoir et pour dissimuler la vérité autour des différents abus commis dans son sein.
Ces deux points de vue, implicites dans les positions plus extrêmes, revêtent bien des critères de ce qui peut constituer une conspiration : (1) il y a un groupe (2) qui acte en secret (3) pour changer une institution, gagner un pouvoir ou dissimuler la vérité (4) au coût du bien commun.
Pour illustrer qu’il est impossible d’avoir la moindre influence sur quelqu’un qui croit à une conspiration, l’émission donnait la parole à quelqu’un qui s’était donné comme mission à faire sortir la vérité sur plusieurs affaires (rien à voir avec les discussions ici). Il était convaincu que lui seul avait fait des recherches suffisamment approfondies.
Est-ce que cela veut dire que je trouve tous ces échanges vains ? Non, pas du tout : j’ai suivi avec beaucoup d’attention. Merci à tous ceux qui se sont investis avec bonne volonté. Mais cela pose beaucoup de questions sur la recherche de vérité, la méthode, l’impact qu’une telle recherche peut avoir.
Dans mon cas, seulement le réel a graduellement fait changer mon point de vue : la confrontation avec des situations concrètes qui étaient irréconciliables avec mes idées conçues. Mais probablement j’aurais aussi pu continuer à rester avec une explication alternative, et bien sûr, je continue à fabriquer des explications trop faciles. J’ai besoin de vos interpellations pour en sortir. Mon cerveau, comme le vôtre, s’égare trop vite parce que comme enfant (et encore comme adulte) nous avons besoin d’explication simple.
Johan.