En réponse au message :
Amour et Vérité Justice et Paix
Bonsoir Marie
Je n’ai pas acheté le livre de Martin Miller, mais j’avais été très touchée en le parcourant en librairie et en lisant des passages. Il avait eu je pense le besoin de libérer sa mère en même temps que lui-même du passé trop lourd non dit. Et c’est souvent comme ça dans les familles. Souvent, les anciens n’ont pas les moyens de dénouer le passé, de se dire. Alors il se trouve toujours un membre plus jeune de la famille qui va délivrer ceux qui ne peuvent pas ou qui n’ont pas pu parler.
J’ai mené ce travail au sein de ma famille en thérapie avec les bouquins d’exercices d’Anne Ancelin Schützenberger. Et cela m’a énormément apporté. J’ai découvert des choses difficiles mais aussi des richesses humaines inestimables. Que j’essaie de transmettre à ma fille au fil du temps.
Je pense en effet qu’un travail sans complaisance sur soi, ouvre la voie au pardon, même si certaines choses vécues restent impardonnables. Dans la notion de reconnaissance, il y a aussi bien la reconnaissance d’être vivant et d’appartenir à une lignée de personnes qui ont transmis différentes choses (bonnes comme mauvaises), mais aussi la reconnaissance de soi en tant qu’individu autonome, différent, libre et en même temps rattaché à cette lignée et en capacité de se vivre de façon sereine et ouverte.
Je ne sais trop si l’institution catholique romaine sort tant que cela des tabous. Elle a énormément de mal à en sortir. Cela est en partie du au grand âge des prélats, éduqués dans des valeurs réactionnaires et plein de tabous. Et puis aussi du à une culture très dogmatique, intellectuelle, désincarnée, très déconnectée du réel. Ce qui explique en partie les situations paradoxales criminelles, déviantes, etc.
Par contre, ce qui est encourageant, c’est que certains prélats ont la volonté de sortir des silences, des non-dits, des tabous. Et ça, c’est très positif. La plupart sont relativement jeunes (la cinquantaine, soixantaine) et veulent crever les abcès aussi bien du passé comme le fait l’évêque de Fribourg, que du présent. Je pense au prélat qui avait révélé son homosexualité et présenté son compagnon l’automne dernier. Je pense aussi à un prêtre comme Léon Laclau qui avait révélé il y a quelques années sa vie maritale avec sa compagne Marga. Je pense aussi aux associations de prélats mariés, aux religieuses américaines voulant briser les lois du silence sur certains sujets : sexualité, genre, place des femmes dans l’Eglise, etc.
Ces réactions restent minoritaires pour le moment, mais affleurent de plus en plus au sein du clergé, pour sortir l’institution d’un mode dictatorial et dogmatique. F1 est peut-être un peu plus en capacité que ses prédécesseurs d’ouvrir un lieu de discussion. Ceci dit, quand on voit le résultat du synode sur la Famille, on se dit qu’il y a plus que des progrès à faire…
J’essaie d’apporter des contributions diversifiées. Les communautés déviantes, c’est un peu comme une pelote de laine : on tire sur un bout et il nous amène plus loin qu’on ne l’aurait pensé .
Bonne soirée !
Cordialement
Françoise