En réponse au message :
Amour et Vérité Justice et Paix
Merci Françoise pour tous ces éléments partagés : vos enquêtes vous/nous conduisent à des avenues inédites..
Pour l’instant, toujours en lien avec ce lieu où nous sommes et qui rassemble des victimes, je reviens sur l’aspect de la résilience -terme mis en lumière par Cyrulnik- et dont on pourrait penser qu’il peut s’enrichir du récent témoignage de Martin Miller (cf son livre : Le vrai drame de l’enfant doué : la tragédie d’Alice Miller PUF 2014).
L’auteur devenu psychothérapeute, témoigne du lieu de sa propre histoire comme fils mal aimé d’Alice Miller, -une mère elle-même enfermée dans le déni de ses propres fractures d’enfance victime des horreurs de la guerre- tout en reconnaissant la grande valeur des ouvrages de sa mère sur l’enfance ; on lui doit d’ailleurs, la récente publication des œuvres de sa mère, « L’Essentiel d’Alice Miller » chez Flammarion.
J’apporte ici l’exemple de Martin Miller en écho à un échange sur ce site, et qui portait sur « le bien pouvant jaillir du mal. » Il s’agit encore et presque toujours du déni de sa propre souffrance -tant pour chacunE de nous souvent, que pour Alice M. - en effet, Alice Miller qui a tant éclairé à propos de l’enfance, était jusqu’à un certain point en déni de sa propre souffrance d’enfant ayant terriblement souffert de la guerre.
Et son fils Martin, un enfant qui a beaucoup souffert lui aussi d’une telle mère, aura su reconnaître en dépit de tout et suite à un long travail sur lui-même, la contribution pertinente de sa mère au développement de nouvelles compréhensions de l’enfance.
Est-ce à dire qu’un long et patient travail de vérité sur soi-même ouvre la voie à la reconnaissance et au pardon ? Je n’ai cependant pas dit « à l’absolution », puisque cette part appartient à Dieu et il me semble juste que tant que nous vivons en ce monde, cette part puisse relever aussi de la justice afin de favoriser la guérison… Et sur ce point, l’Église commence à parler par voix officielle-car on ne peut pas ne pas tenir compte de ce qui s’éclaire et évolue de nos jours, sur ces sujets jadis tabous-
Oui, en effet, la réaction de l’évêque Suisse à cet égard est parlante… Espérons que plusieurs autres emboîteront le pas dans cette heureuse foulée …
Mgr Morerod : « L’Eglise catholique avait trop de pouvoir » - rts.ch - Fribourg http://www.rts.ch/info/regions/fribourg/7446523-mgr-morerod-l-eglise-catholique-avait-trop-de-pouvoir-.html
Bonnes suites dans votre ardent travail qui prend des dimensions collectives ! Marie