En réponse au message :
Foi et recherche de la justice
Bonsoir Christian
On ne peut pleurer et pardonner aux tortionnaires que dans la mesure où justice a été partiellement rendue. Et encore, rapport à certains crimes, il y a des choses impardonnables. Demandez à des déportés survivants de la Shoah s’ils peuvent pleurer avec les descendants de leurs tortionnaires, j’ai quelques sérieux doutes à ce sujet. Qu’on comprenne ce qui a amené les tortionnaires à être des tortionnaires, ça c’est toujours de l’ordre du possible. Même si ça ne se fait pas dans un premier temps pour les victimes. Mais au-delà, il faut que justice et réparations aient été faites. Sinon, pas de pardon possible.
Le souci, c’est que l’institution s’est comportée de façon extrêmement malhonnête, dissimulatrice et criminelle en soutenant des prélats, des religieux, des religieuses qui ont commis directement des crimes sur des enfants, des ados durant près d’un siècle et demi. Et l’institution cléricale romaine rempile depuis 40 ans avec les communautés déviantes. Trop c’est trop ! Tout ça doit cesser.
C’est très facile d’être dans le discours que vous tenez tant qu’on a pas été confronté à l’anéantissement. Dans la théorie, tout semble possible. Dans la pratique, c’est une autre paire de manches.
Ok, notre foi nous aide. Mais ça ne fait pas tout. Comme je le disais tout à l’heure à Marie, la résilience reste quelque chose d’aléatoire et pas de systématique ni de continu. Surtout quand les limites de l’acceptable ont été franchies.
Voir des personnalités foncièrement criminelles dans leurs actes, dans leurs visions de l’humain, érigées en saints et saintes, me révulse. Et me révulsera toujours. Parce que ça confine au négationnisme et au contresens complet des valeurs morales que prônait Jésus.
Et ça, c’est juste inacceptable.
Si personne ne se lève pour dénoncer les violences, les crimes et les injustices commises au nom de Dieu, où est la justice, quel sens a encore la foi et les valeurs transmises par Jésus ? Vous pouvez me le dire ?
Je fais partie de ces catholiques qui se lèvent pour dire stop aux crimes, aux abus, aux injustices commises sur des pauvres, des petits, des sans grades, des gens qui se sont retrouvés piégés par des groupes religieux puis abusés, floués parfois tués par ces groupes. Ceci doit cesser. Et il est de notre devoir d’informer. Sinon, nous sommes complices des criminels et des groupes communautaires déviants qui continuent de semer le chaos et de faire de nouvelles victimes.
Et je ne me vois pas du tout en héros ni hérault. Simplement comme une parmi tant d’autres catholiques qui osent demander des comptes à l’institution qui les a trompés, abusés, bafoués, osent dénoncer ce qu’ils ont aussi bien subi que ce que leurs proches ont subi ainsi que des tas d’autres depuis parfois plusieurs générations. Ca me paraît juste essentiel. Je ne vois rien d’héroïque à cela. C’est simplement une question de justice. Et de cohérence par rapport à la foi qui m’anime.
Cordialement
Françoise