En réponse au message :
Extraits Amour-Amitié décryptés
Merci de vous nommer car je ne sais à qui je réponds.
Tout dépend de ce que vous entendez par Eglise. Si vous la réduisez à l’institution, ce n’est qu’une institution humaine. Avec ses limites, ses errances, ses crimes, ses corruptions, ses malversations.
Soit on fait l’autruche face à cette réalité institutionnelle, soit on choisit de la voir simplement telle qu’elle est depuis les origines.
Attention les origines ne sont pas le message de Jésus, je le précise, car Jésus n’avait jamais eu pour projet d’installer une institution cléricale ni de créer une nouvelle religion. Il était juif et l’assumait totalement. Et n’avait pas pour projet de monter un pendant au cartel des pharisiens.
Hélas, c’est pourtant ce qu’ont créé par la suite les disciples. Mais ça aurait pu bien tourner dans la mesure où l’institution restait hors de toute forme de pouvoir temporel. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.
Personnellement, en tant que catholique, j’ai choisi de voir la réalité de l’institution en face, comme la réalité de certains croyants et clercs. Je considère que très peu de sanctifications sont réellement justifiées. Pour moi, d’autant plus depuis JP2, se sont davantage des opérations politiques, correspondant à des besoins momentanés de l’institution pour se justifier ou pour éviter à des personnes controversées, d’être inquiétées, mises en cause.
Pour moi l’Eglise, se sont des croyants pour l’essentiel (dont je fais partie), qui méritent d’être traités dignement et non maltraités, trahis, abusés par l’institution et ses représentants. Ca me parait un minimum qui n’est que trop rarement vécu. Parce que l’institution fonctionne sur un registre totalitaire. Ce qui autorise tous les abus, toutes les malversations et tous les crimes. Ce depuis toujours.
Ces abus, ces violences, n’ont été et ne sont en aucune façon cautionnés ni par Jésus ni par Dieu. Sinon, Dieu serait complètement sadique. Ce qui n’est pas le cas.
Qu’il soit difficile pour vous et pour d’autres ici, de comprendre que les violences subies dans les communautés déviantes ont leurs racines dans des fonctionnements abusifs cléricaux anciens qui perdurent encore aujourd’hui, je n’ai aucun mal à le saisir. C’est très dur de le réaliser. Il n’empêche que c’est ce que j’ai pu constater en tant que victime collatérale de l’Opus Dei. Ca ne veut pas dire pour autant que je rejette l’institution cléricale complètement. D’autant que j’y ai trouvé des religieux, religieuses, prêtres formidables et que j’en vois et rencontre encore. Mais que j’ai compris que son fonctionnement totalitaire, favorisait et favorise toujours les pires dérives et crimes qui ont toujours pour victimes privilégiées des croyants. Qu’est-ce qui fait que Xavier Léger ait dû créer ce site si ce n’est le refus de l’institution cléricale vaticane, de faire un travail d’information et de réparation, de protection des victimes des Légionnaires du Christ et d’autres mouvances aussi déviantes et sectaires ?
Si l’Eglise institutionnelle cléricale était vraiment fiable, croyez-vous que les victimes catholiques mettraient 60 ans à pouvoir faire admettre les violences, les crimes qu’elles ont subis de la part de clercs ou de laïcs ?
Pourquoi les victimes doivent-elles monter des associations internationales pour faire pression, porter plainte pour se faire reconnaître en tant que victimes auprès du Vatican ?
Pourquoi les victimes qui ont tenté de porter plainte seules n’ont jamais été entendues ni crues ni considérées ?
Pourquoi depuis plus d’un siècle, la position de l’Eglise institutionnelle vis à vis des congrégations déviantes a toujours été de dissimuler les crimes, de déplacer les criminels, de maintenir ces congrégations, de faire taire les victimes en les muselant par tous les moyens et de béatifier, puis sanctifier les personnalités à l’origine de ces violences ?
Pourquoi faut-il les pressions de l’ONU, de différentes associations internationales de victimes pour que le Vatican commence à bouger de ses lignes traditionnelles ?
Ca ne vous pose pas question ? Ca ne vous interroge pas ?
Moi si.
Dans le cadre de l’enquête que je mène depuis 11 ans, plus j’avance, plus je constate que l’institution cléricale a quasiment toujours protégé les déviances, les crimes, les prélats comme les religieux criminels. Au détriment des croyants qui ont parfois payé leurs dénonciations de ces crimes, de leur vie. Croyants qui dans leur immense majorité, sont passés par des souffrances et des violences inouïes, qu’ils n’auraient jamais du vivre si vraiment l’institution cléricale vaticane était vraiment celle qu’elle prétend être.
Alors personnellement, je ne peux pas cautionner un système totalitaire qui violente, abuse, méprise, trahit les croyants. Mais aussi une bonne partie du clergé (l’affaire de la CAVIMAC, l’affaire des réseaux prostitutionnels, les pressions qui s’exercent sur les prélats ayant une relation maritale pour ne citer que ces problématiques).
L’Eglise à laquelle j’adhère, c’est une église de croyants et de clercs qui luttent pour que justement ces situations abusives, violentes cessent. Proposent également des alternatives, des réparations aux victimes.
Ce qui constitue une minorité de gens. J’en suis parfaitement consciente. Mais c’est uniquement sur cette petite minorité que je peux m’appuyer, pour qui je récite le credo le dimanche.
Le reste, qui a choisi le pouvoir temporel, l’usage de la violence, le mépris, l’abus, la corruption, le crime, le blanchiment d’argent mafieux, je ne le cautionne pas. Je ne peux pas. Il n’a rien à voir avec Dieu, ni avec Jésus. Juste là pour faire valoir des privilèges et opprimer le plus grand nombre, à commencer par les plus fragiles.
Ce que je trouve inacceptable.
Cordialement Françoise