En réponse au message :
Extraits Amour-Amitié décryptés
Chère Françoise,
Vraiment merci pour votre courage « d’ouvrir », pour votre sérénité durement reconquise : sincèrement, votre patiente et honorable participation sur les sites vous prépare peut-être à une publication éventuelle de votre parcours..
En effet, en ce moment vous avez toute une « matière vive » avec ce qui se passe durant la variété d’échanges, de réactions de tous ordre sur ce site ; qui sait, cela vous prépare peut-être un jour à publier votre récit, ses impacts et ses fruits.
Entretemps, votre témoignage fait son chemin « en laboratoire » contribuant à ouvrir les yeux, les oreilles et les cœurs à la vérité comme à la compassion.
J’ai réalisé peu à peu sur ce site, que je rencontrais le même type de suspicion et de fermeture qu’il y a 35 ans, lorsque j’avais alerté des personnes compétentes sur la situation de mon amie et des dérives possibles à l’endroit d’autres victimes. Certes, combien aussi sur ce site, écoutent, se taisent tout en étant « présences vives »…
Je connaissais le Père Thomas pour l’avoir rencontré plusieurs fois en accompagnement lors de mes séjours à Trosly, et je reconnais m’être « interrogée », sans avoir donné suite à mes « inconforts », car au moment où mon amie est venue se confier, j’avais déjà cessé de le voir et je n’allais plus aussi souvent à l’Arche lorsque j’ai reçu les confidences. Ce fait marquant m’aura mobilisée durant toute ma vie professionnelle, à m’outiller de diverses façons, et à contribuer du mieux possible à partir du lieu qui était le mien, à sensibiliser à la possibilité du dévoiement en accompagnement/coaching/ Université/ direction de projets etc.
J’ai donc joint le site après avoir appris la mise au jour des agissements du Père Thomas, en espérant avec soulagement un lieu de parole et d’accueil pour les victimes…
Ce genre de situation semble encore si irrecevable de nos jours, que même les autres personnes qui voudraient ou pourraient parler sur le site, finissent par être retournées au silence car « le système » les broie littéralement de nouveau : c’est connu, puisque la perversion -qui se met en place en raison de souffrances d’enfance indicibles- peut se « transmettre » dans l’inconscient de manière intergénérationnelle. Le regretté Paul-Claude Racamier a ouvert des chemins sur le sujet et qui sont repris et mis à jour de façon très accessible par Dominique Barbier et autres ; il n’y a pas que le monde religieux qui est concerné..pensons au monde du sport olympique, au monde des affaires etc… Mais alors on dirait que c’est plus insidieux lorsqu’il s’agit de religieux/ses.
Pour l’instant comme j’ai fait la Paix avec tout cela, et que mes forces ne sont plus les mêmes, je « passe le relais ». En dépit de tout, je crois à la miséricorde : le Père Thomas a souffert terriblement en fin de vie ; Dieu lui aura sans doute dans sa miséricorde, ouvert le repos éternel après qu’il eut réalisé tout le mal subi et commis.
Je regarde vers l’à-venir en cultivant la compassion et l’espérance : comment ne pas être tenus « en veille », oui, en travail constant de vigilance éclairée lorsque l’on constate jusqu’où va le mal subi non accueilli/assumé : pensons à tous ces anciens enfants-soldats… Devenus adultes… À tous ces jeunes hommes sans repères qui s’engagent dans les voies du djihad : nous avons là un prolongement à grande échelle, du même tableau clinique… Le déni et le mal qu’il engendre à grande échelle ne sont-ils pas com-pris et soulagés dans le cœur du monde, « un cœur à la fois » comme le disait Jean (Vanier) ?
C’est ce à quoi je tente de m’appliquer humblement au quotidien. Et merci lumineuse Françoise, pour votre parole franche et libre ! Communion et Paix, Marie