En réponse au message :
L’Arche fait la lumière sur la face cachée du P. Thomas Philippe
En lisant certaines contributions, je suis interloqué !!! Scandalisé !!!
Certes je comprends le déni de certains d’entre nous. Je comprends aussi que l’apparence de salir la mémoire d’un mort puisse choquer.
Seulement voilà : la justice élémentaire suppose d’accueillir, d’écouter, et de reconnaître la souffrance et le désarroi spirituel des victimes. Le problème est qu’inévitablement cela passe par la fin de la vision hagiographique qu’on se faisait de ceux qui les ont offensées.
Face à ce dilemme, certains ont tranché : pendant des décennies on a imposé de façon systémique le silence au nom de « toute vérité n’est pas bonne à dire ». Si cela avait été dans un but charitable vis-à-vis des victimes on pourrait l’excuser. Mais non. Seule comptait la réputation, la vanité d’un système qui voulait préserver les apparences.
Aujourd’hui le paradigme a changé car les scandales ont éclaté. Et les révélations qui continuent de sortir explosent aux oreilles du monde avec une sonorité particulière dans ce contexte post-omerta.
Or bien évidemment il ne s’agit pas d’insulter ou salir la mémoire de X ou Y. N’en déplaise à leurs défenseurs, ce serait en effet leur accorder trop d’importance. Non. Il s’agit seulement de faire enfin droit à leurs victimes, car c’est elles que la justice commande d’accueillir, d’écouter et de comprendre. Et tant pis pour leurs offenseurs dont la réputation salie n’est qu’un dommage collatéral qui ne devrait poser de problèmes à personne : après tout, la perversion jusqu’ici de mise, consistait à considérer les victimes réduites au silence précisément comme des dommages collatéraux inévitables pour préserver la sacro-sainte réputation d’hommes presque canonisés de leur vivant, quand il ne s’agissait pas du système tout entier !
Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas seulement le désarroi spirituel dans lequel d’innombrables victimes solidaires sont plongées, mais également le triste contre-témoignage donné au monde par certains catholiques, assez bruyants, s’arc-boutant sur le déni pour continuer de protéger coûte que coûte leur club mondain qu’ils appellent pompeusement « Eglise ».
Ce faisant, ils ne comprennent pas qu’ils sont devenus un des pires adversaires de l’Eglise authentique, Corps Mystique du Christ. En se maintenant dans une ligne de défense intenable où ils jouent les agressés, les victimes d’un complot anti-catholique, ils créent un abcès de fixation qui retarde les réformes à mettre en place pour prévenir ces dérives. Pire ! Ce déni confine à l’acharnement thérapeutique pour maintenir en vie le scandale du silence aux yeux des petits de notre génération ; combien d’entre eux se détournent, pour le coup tout aussi silencieusement, de l’Eglise en raison de ces « bons apôtres » qui refoulent la moindre compassion élémentaire pour les victimes et les affligés par crainte impie que la vérité ne risque de « renverser la boutique » ?… Or la foi catholique nous dit précisément que non seulement ça n’arrivera pas car le Christ est avec nous, mais que le Christ est la Vérité.
Pour le reste, que les frères Philippe ne soient plus canonisables, ça ne les empêche pas d’être possiblement sauvés comme tout un chacun. Le jugement n’appartient qu’à Dieu. Tout au plus pouvons nous prier pour le Salut de leurs âmes et pour que leurs victimes, comme toutes celles du « Club-Eglise », trouvent un jour la force et la Grâce de leur pardonner.
Azarias