En réponse au message :
Extraits Amour-Amitié décryptés
Coucou Marie
J’ai une vie suffisamment heureuse et comblée au plan relationnel depuis pas mal d’années maintenant, une vie pro passionnante, une vie familiale heureuse, pour ne plus être affectée ni envahie par ce qui peut se dérouler de toxique dans certains débats.
Je me suis tirée à l’âge de 17 ans de ma famille toxique après avoir dénoncé les viols, les abus sexuels, les coups, les violences psychologiques, la tentative de meurtre. Ce qui fait un sacré bail maintenant. Depuis, j’ai vécu tellement de choses intéressantes, structurantes que je n’ai plus peur quand je vois des structures et personnalités toxiques affliger les gens.
Je sais qu’on peut en sortir parce que j’en suis sortie. Pas indemne évidemment parce que des années de violence et d’abus divers et variés laissent des traces. Ce n’est rien de le dire…
Mais je n’ai jamais voulu que ce passé me détruise définitivement. Il y a quelque chose en moi qui s’est toujours révolté contre l’anéantissement dans lequel voulaient m’enfermer mes agresseurs (la grand-tante et le paternel).
Du coup, j’ai pris le contrepied de toutes les violences et souffrance subies. Et essayé d’en tirer autant que faire se peut, des enseignements positifs pour moi d’abord, pour les autres ensuite.
Et dans ce positionnement, ma relation personnelle à Dieu m’a énormément influencée, guidée, aidée à avancer. D’une part pour affronter ce vécu sans complaisance, puis, d’autre part, au fil des ans, pour poser des actes forts et une démarche thérapeutique adaptée à ce vécu douloureux.
Ce qui a été le plus difficile, le plus terrible pour moi, ce fut de devoir d’une certaine façon, défendre la mémoire paternelle face à l’OD après son assassinat. C’est sans doute ce qui a été le plus violent pour moi comme moment à vivre, post période traumatique. La double-peine la plus abjecte qui soit. L’OD d’ailleurs, s’attendait plutôt, du fait du contexte, à ce que ni moi, ni ma soeur, ni ma mère ne lui opposions de résistance quant à son désir de nous spolier de l’héritage.
Mais j’ai fait le choix d’affronter cette nouvelle épreuve en m’opposant à la spoliation opusienne, parce que je sentais que si je me dérobais et cédais face à l’OD, c’est comme si d’une certaine façon, je me remettais sous la coupe paternelle et sous celle de la grand-tante à l’époque des abus, viols et coups.
En affrontant l’OD au plan juridique et judiciaire, je pouvais terminer le travail thérapeutique entrepris et sortir définitivement de l’emprise de mes deux agresseurs familiaux. Tout en les libérant eux aussi d’une certaine façon.
J’ai compris cela au fil des années de bataille et d’enquête aussi bien sur l’OD que sur eux. Sur ce qui les a fondés l’un comme l’autre. Ce qui a fondé leurs abus et violences envers moi. Et j’ai découvert aussi des documents montrant que deux ans avant sa mort, mon père avait commencé à réaliser ce qu’était l’OD et que c’était bien l’organisation qui avait assassiné son confrère et ami. D’où sa démarche pour en sortir, son second testament hélas subtilisé par l’OD via des hommes de paille, un début d’enquête sur l’organisation, ses alertes vis à vis d’amis, d’autres confrères, ses tentatives de protection d’amis, de cousins, protection de ses biens hérités de sa mère, son père et ses grands-parents… Plein d’éléments qui m’ont montré qu’il n’était pas entièrement et définitivement mauvais ni vampirisé jusqu’au trognon.
Cette découverte n’a pas excusé sa violence pour autant ni celle de la grand-tante pour ce qui me concerne. Comme je n’excuse pas sa violence envers ma soeur et ma mère. Il reste comme sa tante, un criminel qui a été assassiné par un groupe fondamentaliste criminel. Mais cette découverte de sa rébellion contre l’OD et de son désir de protection et d’alerte de proches, le fait d’avoir découvert que la grand-tante agresseuse avait été aussi agressée enfant, tout ça m’a permis en thérapie et hors thérapie de ne pas rester figée dans la haine de cet homme et de cette vieille femme. De comprendre qu’ils étaient aussi prisonniers que l’organisation qui avait piégé, vampirisé puis tué mon paternel.
Ce vécu m’a mûrie, m’a poussée à sortir d’une position de victime d’inceste pour contextualiser mes agresseurs, comme si je les regardais à travers une vitre depuis un lieu sécurisé. Quand je faisais des séances d’EMDR en thérapie, ça se passait aussi comme ça. Du coup, je retrouvais des approches similaires mentales à chaque fois que je devais faire des démarches de lutte et d’enquête vis à vis de l’OD. Et tout ça est très aidant pour surmonter ce type d’épreuve où vraiment les limites sont très vite atteintes.
Ce qui explique que je retrouve ces logiques quand j’échange ici ou sur Golias. Peu importe l’interlocuteur.
J’ai eu aussi la chance de ne pas vivre tout ce pataquès toute seule. Mon compagnon fut d’un grand soutien affectif. Mon parrain aussi. Des amis à qui je pouvais me confier quand j’étais au bord de craquer, m’ont également soutenue. Mes thérapeutes, mon avocat, le notaire en charge de la succession, la politologue qui m’a aiguillée, tous ont été formidables et de très bon conseil.
Et puis Dieu a énormément compté, parce qu’Il ne m’a jamais lâchée à aucun moment. Il était là à chaque minute, chaque jour, chaque seconde. Je n’aurais jamais trouvé la force ni le courage de faire ces démarches durant autant d’années sans Lui.
Je suis heureuse que ma mère et ma soeur, du fait de mon combat, aient pu bénéficier de l’héritage paternel. C’est une grosse satisfaction même si la bataille fut longue et âpre. Même si au départ, elles étaient prêtes à baisser pavillon face à l’OD, elles ont apprécié que je ne lâche rien et que je parvienne à sauver une partie de l’héritage qui nous était du.
Au cours de ces années de bataille, j’en ai appris plus sur moi-même, sur mon paternel et sur l’OD, sur la nature humaine complexe, contradictoire. Sur le climat toxique qui amène des individus à ce type d’emprise religieuse déviante, sur la capacité que chacun de nous a pour en sortir, pour tracer sa route hors de ces schémas. Ce qui m’a beaucoup enrichie humainement.
J’ai pu engager des projets qui me tenaient à cœur depuis un moment mais que du fait de ma précarité pro, je ne pouvais pas réaliser. Ces projets accomplis m’ont donné un sentiment de réparation et de plénitude, de paix, que j’avais déjà un peu du fait de plein d’activités passionnantes, d’amitié et d’amour durable. Mais qui s’est trouvé encore renforcé une fois ces projets accomplis. Parce que je me suis alors sentie pleinement vivante et en capacité d’agir et d’être. Je considère donc depuis quelques années, que mon père et ma grand-tante ont payé leurs crimes envers moi. Les compteurs sont à zéro. Et j’ai encore plein de projets, d’envies que je veux réaliser. Et que j’espère, je pourrai concrétiser d’ici à ma mort.
Alors certes, je pourrais maintenant que tout ça est terminé, mettre mon mouchoir par dessus. Juste profiter de la vie heureuse que j’ai construite et que je continue de construire avec celles et ceux que j’aime et qui m’aiment.
Seulement, quand je vois les affaires qui sortent, que l’OD continue à faire des victimes, tente de nouvelles emprises politiques, industrielles, bancaires, menace d’autres personnes, que les autres communautés catholiques déviantes meurtrissent des tas de familles, que tout ce joli monde se fédère pour écraser la société humaine, je me dis que si je ne dis rien de ce que j’ai découvert au cours de mes propres épreuves, enquêtes, d’une certaine façon, je serai complice de ces groupes malfaisants. Et ça, c’est pas possible. Je ne leur ferai pas ce cadeau.
Je n’ai pas pu faire complètement la nique à l’OD. Il aurait fallu plus de 20 ans de procès pour ça.
Mais en informant les croyants, faisant de la mise en garde, en publiant certaines notes d’enquête historique, sociologique que j’ai écrites, en donnant des pistes analytiques aux victimes de groupes cathos déviants, je leur donne des infos importantes et des moyens d’agir, de pouvoir sortir de ces emprises et de lutter avec leurs moyens à eux contre ces organisations religieuses abusives.
Ce qui constitue le meilleur rempart et la meilleure réponse à la violence meurtrière que moi et ma famille avons vécue. Et ce qui constitue, du moins je le pense et je le crois, le meilleur moyen de prévention et de lutte vis à vis de groupes et d’individus intégristes, déviants, sectaires.
D’après ce que j’ai pu lire et observer, j’ai l’impression que Xavier Léger a monté le site dans la même optique. Pour informer, éduquer, prévenir l’ensemble des croyants cathos de la dangerosité de certains groupes ainsi qu’aider les victimes.
Quand on a souffert et qu’on s’en est sorti, qu’on a suffisamment cheminé et vécu de bonheur, on peut alors tendre la main pour prévenir et aider les autres. On est disponible tête et cœur pour ça. Et c’est une façon de rendre ce qui nous a été donné à un moment donné par différentes personnes et qui nous a permis de nous en sortir.
Et puis enfin, le fait d’être toujours croyants malgré ces traumas et ces épreuves terribles (merci mon Dieu), fait que nous ne pouvons pas laisser les groupes qui nous ont fait du mal, faire du mal à d’autres en toute impunité. Comme on ne peut pas laisser l’Eglise (institution comme croyants) se laisser vampiriser, détruire par ces groupes mortifères.
Alors nos moyens sont ultra modestes. Sans doute ridicules comparativement aux moyens déployés par les organisations déviantes et sectaires que nous dénonçons.
Mais le peu de personnes que notre information-témoignage aidera, pourront à leur tour informer et aider d’autres personnes à se prémunir contre ces dangers. Et c’est ainsi, parallèlement à des procès publics, des pressions politiques internationales, des associations nationales et internationales de victimes, qu’on pourra peut-être lentement mais sûrement, sortir l’Eglise d’une logique de pouvoir, de domination, d’emprise et d’abus totalitaire.
Ca fait en tout cas partie de mon espérance. J’ai pas envie de voir mon Eglise se faire bouffer par des intégristes et des malfaisants. J’ai pas envie que Dieu soit utilisé pour faire du mal à des tas d’enfants, d’ados, de familles, d’adultes. La souffrance, les abus, ça suffit !
Voilà ce qui me pousse à intervenir, à dire ce que je dis ici, sur Golias.
Cordialement
Françoise