En réponse au message :
Extraits Amour-Amitié décryptés
Allez regarder d’un peu plus près mon décryptage, Agapé, il n’a rien en commun avec le Livre Noir. Il est entièrement personnel. Pas du tout un copié collé. Je reprends certes les passages de Lettre à un ami. Mais l’analyse que j’en fais est totalement personnelle. Parce que je sais faire la différence entre l’amitié et l’amour. Parce que je sais ce qu’est un amour vrai en vivant maritalement depuis près de 18 ans avec le même homme. En ayant de vrais amis avec lesquels j’ai une relation saine et non de dépendance ni d’emprise. Parce que je sais aussi ce qu’est l’emprise psycho affective. Je l’ai vue dans ma famille entre ma grand-mère paternelle et mon père. Je sais les dégâts que cela fait sur les individus. Et la violence qu’un tel lien engendre. Je me suis appuyée sur la biographie de Marie-Christine Lafon qui décrit très bien les relations fusionnelles entre le père Dehau et les frères Philippe. MD Philippe confirme ce lien fusionnel et de dépendance à la fois intellectuelle et affective. Avec cette base et sachant ce que j’ai pu observer sur ce type de lien dans ma propre famille, je peux me douter des conséquences qu’un tel lien familial, intellectuel, affectif peut avoir dans d’autres familles. Je l’ai vu au quotidien durant toute mon enfance et mon adolescence. J’en ai subi les conséquences physiquement, psychologiquement et sexuellement. Alors comprenez bien que sur ce sujet, je suis plutôt blindée.
Maintenant, libre à vous de nourrir toute l’acrimonie que vous voulez à mon égard. Mais sachant ce que j’ai vu, vécu, ce que je sais qui se passe avec ce type de lien fusionnel, je ne peux pas ne pas, à la lecture de la biographie de MD Philippe par Marie-Christine Lafon, ne pas comprendre ce qui s’est noué et joué pour les frères Philippe. Et comment cela a abouti à des violences de tous ordres pour de nombreuses personnes par la suite. Parce que les deux frères ont intégré ce comportement abusif et l’ont reproduit ensuite dans leur approche religieuse, intellectuelle et relationnelle.
J’en suis profondément désolée pour ces deux hommes, qui n’auraient jamais fait de mal si ce lien fusionnel toxique familial n’avait pas existé. Et s’ils n’en avaient pas été les premières victimes. S’ils avaient pu réellement s’émanciper psycho affectivement du père Dehau, je suis persuadée que les choses auraient été totalement différentes. Et il n’y aurait pas eu toutes ces victimes. Et il n’y aurait pas eu non plus de confusion et de théorie d’amour d’amitié ni ces abus et ces violences.
De même, si mon père avait pu parler et sortir du lien fusionnel, toxique et incestueux qu’il avait avec sa propre mère, il n’aurait jamais adhéré à l’Opus Dei, il n’aurait jamais battu ni moi ni ma soeur, ni ma mère, il ne nous aurait pas violées nous ses filles. Il n’aurait pas tenté de nous égorger un soir de Noël 1990. Il n’aurait pas tenté d’étrangler notre mère sept ans après. Et il n’aurait pas été assassiné par l’organisation opusienne il y a 11 ans. J’en suis persuadée.
Et si ma grand-mère paternelle n’avait pas elle aussi été abusée sexuellement dans son enfance ainsi que sa soeur, elle n’aurait pas reproduit ce système sur son fils. Et sa soeur de 75 ans à l’époque, ne m’aurait pas abusée sexuellement dès l’âge de cinq ans. Ce durant deux longues années où je passais à la casserole chaque dimanche après la messe et le repas dominical familial.
Ce qui nourrit mon propos est du vécu bien solide. Pas du copié-collé. Je ne souhaite à personne de passer par où je suis passée. Mais je souhaite à toutes les victimes de ces horreurs, qu’elles se passent dans leur famille ou dans le cadre religieux et communautaire, de pouvoir comprendre comme je l’ai compris moi-même progressivement en enquêtant sur la famille mais aussi par le biais d’une thérapie psy à l’âge adulte, que le noeud gordien de tout cela, c’est à la base une situation relationnelle abusive et toxique.
Cette analyse permet de sortir de la haine, de la rancœur. De comprendre l’enfermement que vivaient les agresseurs et comment pour en sortir, parce qu’ils ne pouvaient pas en parler, parce qu’ils n’avaient pas les moyens de pouvoir échapper à l’emprise qu’ils subissaient, ils en sont venus à reproduire cette emprise puis à agresser eux-mêmes.
Je sais à quel point comprendre cela est une libération intérieure. Mais aussi un apaisement, même si ça ne changera rien au passé traumatique. C’est un moyen de pouvoir aussi pardonner dans une certaine mesure (même si ces actes sont impardonnables) ce que l’on a subi d’abject.
C’est pourquoi j’interviens ici. Parce que si je ne dis rien alors que je sais tout ça, que j’ai compris tout ça via mon propre vécu et via la thérapie que j’ai faite, je laisserai des personnes en souffrance. Et ça, je ne peux plus. S’il y a bien une chose que je ne supporte plus, c’est de voir se perpétuer les mêmes souffrances que j’ai endurées. J’ai rompu la chaîne de la violence, de la toxicité en parlant, en dénonçant les violences intrafamiliales, en traitant mes traumas en thérapie, en m’émancipant peu à peu psycho affectivement, en ne laissant pas l’OD dépouiller financièrement ma famille. Alors il me paraît tout aussi important d’aider celles et ceux victimes des mêmes violences à comprendre ce qui leur est arrivé. Ca me paraît juste fraternel.
Cordialement
Françoise