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Extraits Amour-Amitié décryptés
Bertrand reprend seulement les arguments de la défense de la théorie d’amour d’amitié. Les défenseurs de cette doctrine philippienne ont prétendu qu’il ne fallait pas voir une confusion amour-amitié donc possiblement dérivante mais quelque chose d’asexué. Sauf que, la réalité criminelle qui s’est révélée montre bien qu’il y avait bien un problème. Pas que d’interprétation, mais structurel. Qui a valu au moins concernant les agressions de Thomas Philippe, une enquête du Vatican.
Sachant que les cadres de la communauté s’abritaient également toujours derrière cette doctrine pour faire subir les agressions à leurs victimes. Et que les deux frères Philippe ont utilisé aussi cet argument auprès de personnes qu’ils ont agressées.
Alors l’argument de défense présentant la théorie comme asexuée est difficile à tenir dans le cas d’espèce.
Et si l’on veut aller plus loin dans le décryptage, reprenons un extrait de lettre à un ami de MD Philippe pour comprendre comment s’articule la confusion :
« L’expérience de l’amour d’amitié me révèle ce qu’est l’ami, celui qui est pour moi mon bien personnel, celui qui est capable de me perfectionner, de m’achever, de me révéler à moi-même qui je suis parce qu’il est mon ami, qu’il m’aime et que je suis aussi pour lui son bien personnel. »
L’ami n’est en aucun cas un bien personnel. L’ami est une personne avec laquelle j’échange, je partage des moments de vie, des pensées, des confidences. Il n’est pas ma propriété. Sinon, c’est de l’emprise, de la possession, de la vampirisation, de l’abus. L’ami n’a pas pour fonction de perfectionner ni d’achever ni de révéler la personne à elle-même. Cela relève de la responsabilité de chacun de se perfectionner, de se révéler, de s’accomplir à soi-même. Sinon, cela veut dire que personne n’est responsable de soi mais doit trouver un mentor, un pygmalion pour devenir adulte…On nage en plein délire. Et le véritable ami ne considère pas l’autre comme son bien personnel mais comme une personne qu’il respecte et sur laquelle il ne cherche ni une emprise ni un pouvoir ni ne lui demande une emprise ou un pouvoir. Sinon, c’est une violation de l’amitié et des personnes.
Autre extrait du même texte :
« Cette expérience de mon amour d’amitié pour celui qui m’aime suscite en moi un étonnement, une admiration. C’est merveilleux d’aimer et d’être aimé précisément par quelqu’un que j’aime, par quelqu’un qui suscite en moi un amour, car il est vraiment mon bien, il est celui qui est capable de m’apporter un épanouissement personnel. »
Ici Marie-Dominique Philippe parle non plus d’amitié mais d’amour sexué. Tout en prétendant pourtant parler d’amitié. Et plus grave, il reprend l’idée de possession sur l’autre. Mais même en amour, lorsque cet amour est sincère et réel, il n’y a aucune possession d’autrui, sinon c’est du viol, c’est un amour toxique. A partir du moment où l’on compte sur son amoureux, amoureuse pour s’épanouir personnellement, on rentre dans un mode immature de relation amoureuse, et donc dans un rapport à l’autre fusionnel et toxique. A rebours total d’une relation amoureuse saine. MD Philippe décrit ici une situation de dépendance psycho affective où l’autre est là comme un objet, un tremplin. Pas comme un égal.
Dernier extrait :
"Enfin il y a l’éveil, en nous, d’un amour volontaire, spirituel, portant sur un bien spirituel, personnel. Cet amour spirituel s’éveille en nous dans un désir ; et si ce bien personnel est un ami qui nous aime, ce désir, grâce à cet amour réciproque, s’épanouit en un amour plus profond."
On retrouve dans cet extrait la possession ici d’une spiritualité. Reliée au désir. Et immédiatement après à l’ami incarnant ce désir et ce bien personnel. Mais un ami on ne le désire pas. C’est l’amoureux, l’amoureuse que l’on désire. Et même si l’on désire la personne physiquement, même si l’on partage ensemble un amour réciproque, la personne n’est jamais notre propriété, ni notre bien personnel. Sinon c’est du viol. C’est de l’emprise totalitaire. La spiritualité n’est pas un bien matériel ni physique ni sexuel.
Comment peut-on mélanger à ce point les choses et prétendre cette théorie comme éminemment sainte ? A moins d’être profondément immature psycho affectivement, je ne vois pas comment on peut considérer ce genre de théorie comme étant saine.
Essayons maintenant de comprendre pourquoi Marie-Dominique fait cette confusion, ce méli-mélo entre amour, amitié, spiritualité qui montre bien rien que sur ces extraits pourquoi cette théorie est complètement dérivante ?
Parce qu’il a vécu un lien affectif et religieux extrêmement fort avec son oncle dominicain, le père Dehau. Il avoue lui-même que son oncle a entièrement orienté ses recherches théologiques et philosophiques (la biographie faite par Marie-Christine Lafon le montre très bien). A chaque fois qu’il le voyait, le Père Dehau lui disait quoi étudier, comment étudier, quoi penser, quoi chercher, quel auteur étudier. De plus, il ajoute qu’il ressent un attachement immense au plan affectif vis à vis de lui. C’est un prolongement de son père.
Marie-Dominique vivait donc sous emprise totale de cet homme. Et comme le père Dehau était aussi son oncle avec lequel il avait donc un lien de parenté important, et que cet homme avait de par cette parenté et de par ses responsabilités dominicaines, une certaine autorité, comment voulez-vous que Marie-Dominique puisse concevoir un lien relationnel humain détaché de cette emprise psycho-affective qu’il a vécue jusqu’à la mort de cet oncle ? Ca paraît difficile.
Marie-Dominique avoue à Marie-Christine Lafon quand celle-ci l’avait interrogé sur le sujet, que l’amour d’amitié est une théorie qu’il avait déjà en tête à l’âge de 18 ans. C’est à dire très tôt. Or à cet âge, il est déjà sous la coupe de l’oncle Dehau. Comment ne pas penser que cette théorie n’est pas une théorie à la base de l’oncle Dehau, reprise par Marie-Dominique Philippe ? Comment ne pas comprendre que lorsqu’il parle d’amour d’amitié, il n’évoque pas en réalité la nature des liens toxiques qu’il partage avec cet oncle, central aussi bien dans sa vocation que dans ses écrits et notamment sur ce sujet précis ? Comment ne pas comprendre que cette théorie centrale dans son œuvre et imprégnant toute la vie communautaire de St Jean, n’est pas simplement la reproduction à l’infini du lien fusionnel et toxique entre lui et son oncle ? Comment ne pas saisir aussi dans les agressions sexuelles, qu’il y eut peut-être de la par de cet oncle, des abus aussi bien sur lui que sur son frère, actes que les deux frères ont reproduit une fois l’oncle disparu ?
Enfin, chaque couvent, chaque monastère est confronté à la sexualité. Parce que la sexualité est constitutive de la nature humaine. Il ne suffit pas de décréter en sortir par un voeu de chasteté pour que ce dernier s’exerce. La plupart des couvents et des monastères vivent avec des religieux et religieuses ayant des rapports sexuels aboutis ou non entre eux. L’homosexualité est très présente dans les congrégations. Ca n’est un secret pour personne. Si vous discutez avec des religieux, religieuses qui sont réellement honnêtes, ils pourront vous le dire clairement. L’enfermement religieux et le manque d’affection, vont amener certains moines, certaines moniales à avoir des relations particulières sexuelles, simplement pour avoir un peu d’amour au quotidien. Et du fait de l’enfermement, on est davantage dans une dimension possessive des frères ou des soeurs avec qui l’on a un rapport plus ou moins amoureux et sexuel. Dimension possessive qu’on retrouve aussi dans ce qu’explique Marie-Dominique Philippe de sa théorie.
Concernant Jésus, d’après les dernières découvertes archéologiques et papyrus, il était certainement marié à Marie-Madeleine. Les apocryphes en parlaient déjà mais là, on trouve un papyrus qui dit que Jésus était marié. Ce qui semble très logique étant donné son âge et l’autorité dont il disposait. Il n’aurait jamais pu l’avoir au sein du judaïsme sans être marié. Alors la légende religieuse le prétendant célibataire se fissure…
Cordialement
Françoise