En réponse au message :
L’Arche fait la lumière sur la face cachée du P. Thomas Philippe
Merci Sérénité. En fait, ce qui me donne motif d’espérer ces années-ci par rapport à la façon dont l’Église gère les cas d’abus et de dévoiement dans la relation d’accompagnement pastoral, c’est qu’elle n’a plus beaucoup le choix de tout cacher, puisqu’un plus grand nombre de victimes sortent de l’ombre et parlent ; elles ont des avocats et peuvent au besoin intenter des recours collectifs ; dans mon pays du moins, les évêques ne "gèrent" plus les cas d’abus "à guichets fermés" comme auparavant : les diocèses ont établi des procédures claires et toute personne en son sein et reconnue déviante, est désormais référée au civil (tribunaux) pour une enquête suivie d’un procès s’il y a lieu. Voir le film "Spotlight" (2015) qui vous en donnera une bonne idée.
Il en va de même en entreprise : désormais les gens sont très informés, ils "parlent" et il y a des instances d’accueil pour toute personne se retrouvant aux prises avec les questions de harcèlement. De même, les types de personnes PN (pervers narcissiques) ont moins beau jeu dans les institutions, du fait que leurs "victimes" peuvent avoir recours à des ressources. Ainsi les choses ont évolué pour le mieux depuis une bonne dizaine d’années, même si tout n’est pas parfait. Au moins on ne recule pas : chaque révélation prise au sérieux devient appel à sortir de l’ombre.
La référence au site Charismata, du texte "Les bons fruits…" de D. Auxenet (merci pour ce texte solide et bien campé !) éclaire et nourrit aussi mon espérance, notamment ces passages :
" À partir du moment où l’Église aura reconnu positivement l’existence de dérives sectaires en son sein, elle pourra faire un pas supplémentaire : accepter humblement de recevoir, de la part des associations de défense de victimes, le savoir-faire qu’elles ont acquis. Cela lui sera utile pour son propre discernement interne, et pour obtenir une véritable compétence qui lui manque gravement dans ce domaine."
Eh bien, si elle ne le fait pas toujours par humilité mais poussée par la réalité des faits, il reste que l’Église confrontée à tout cela, n’a plus d’autre choix que d’évoluer si elle veut rester crédible… Et dans l’Église, il y a … "de bons fruits" qui arrivent à faire advenir à la lumière des choses que d’autres préfèrent encore cacher. C’est le combat de l’ombre et de la lumiere. Plus loin : "L’Église doit accueillir les victimes et mettre en place des sas et des structures de désintoxication" : cela se fait effectivement de + en + chez nous par la mise en œuvre de ressources accréditées : en effet, "Pour sortir de ces mécanismes extrêmement pervers, il ne suffit pas de sortir physiquement de la dérive sectaire : il faut faire une relecture critique de son expérience personnelle, de préférence avec des personnes qualifiées."
Voilà pour ma part, des motifs réels d’espérer et surtout d’œuvrer sans relâche, même si actuellement dans certains diocèses et pays, "l’Église se trouve encore dans une attitude de déni, voire dans certains cas d’omertà. … Elle se trouve (chaque fois) devant un nouveau défi (qui la convoque à) mettre en place plusieurs structures différentes pour accueillir les victimes de ses propres dérives, afin de leur donner la possibilité d’être reconnues dans leur « qualité de victime », et d’entreprendre leur reconstruction."
Voilà autant de motifs d’espérer et d’aller de l’avant ; il y en a eu du chemin de fait, depuis 30, 40 ans ! Bonnes suites, Marie