L’Arche fait la lumière sur la face cachée du P. Thomas Philippe : Poster un message

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institution figée, croyants en évolution@Marie

Le samedi 9 janvier 2016

Bonjour Marie

Si l’Eglise au plan institutionnel avait évolué, elle ne continuerait pas à soustraire à la justice des religieux criminels et à nier la souffrance et le témoignage des victimes de différentes communautés catholiques. Quand l’institution vaticane évolue, c’est surtout qu’elle n’a pas le choix et qu’une pression intense lui est mise (par les instance onusiennes par exemple). Elle n’a jamais voulu travailler avec le monde judiciaire, considérant qu’elle ne relève pas de la justice pénale humaine, mais uniquement divine et cléricale. S’il n’y avait pas des pressions internationales fortes (à la fois politiques, mais aussi judiciaires en lien avec des collectifs internationaux de victimes), rien ne se ferait.

Il est quand même assez navrant de voir qu’il faut la pression judiciaire et pénale d’un collectif de victimes catholiques pour faire la lumière sur les agissements criminels de différents fondateurs et cadres de communautés.

Et il est d’autant plus grave de constater que l’institution était parfaitement au courant des agissements criminels mais a dissimulé, maquillé et soutenu sciemment ces agissements criminels. Alors qu’elle avait reçu des centaines de témoignages relatant les souffrances et les agissements criminels de différents religieux. Ceci parfois sur plus de cinquante ans…Concernant les couvents prisons et les bagnes religieux, il faudra plus d’un siècle d’impunité criminelle avant que soient dénoncés les crimes commis aussi bien par les communautés religieuses (le Bon Pasteur, les Madelonnettes, instituts Madeleine, institutions la Miséricorde), que le Vatican qui a accordé une légitimité constante à ces entreprises criminelles ainsi que les différents états qui s’en sont servis sans contrôler ces établissements avant les années 70, au moins en France.

Cette situation montre bien la nuque raide, le déni, la complicité tant des communautés que des institutions religieuses catholiques romaines vis à vis des crimes commis par leurs cadres. Simplement pour des questions de pouvoir, d’argent.

Dans l’Eglise ce qui a changé au 21 ème siècle, c’est le comportement des croyants. Qui ne veulent plus être victimes de crimes impunis comme ce fut le cas pendant des siècles et des siècles. Les croyants ont acquis (au moins pour partie) suffisamment de respect d’eux-mêmes, de conscience de leur dignité, de leurs droits via l’éducation scolaire et l’information média, pour ne plus accepter sans rien dire la violence religieuse qui leur est faite.

Ce qui contraint l’institution vaticane à au moins quelques réformes de façade, histoire de se maintenir au pouvoir, de gagner du temps en faisant croire qu’elle a agi pour changer les choses et punir les criminels. Même si en réalité, ces changements sont avant tout des changements de personnes, pas des changements de fonctionnement.

Maintenant dans les faits, les victimes comprennent rapidement que rien ne change vraiment côté institution. On assiste seulement à une mise en scène, plus ou moins habile, quelques procès plus dus à l’acharnement des associations de victimes et de leurs avocats pour juger les coupables au pénal, qu’à une véritable collaboration des épiscopats et de l’institution vatican avec la justice pénale, qu’elle soit nationale ou internationale.

Ce qui en dit long sur l’irréformabilité de notre institution religieuse. Et sur l’incapacité et l’absence de volonté de réforme.

Tant que la Curie et les épiscopats raisonnent en se pensant exempts de responsabilité pénale parce que relevant uniquement du droit divin et de la justice divine, il n’y aura jamais de réel changement au sein du catholicisme romain institutionnel. Mais au contraire une continuité des crimes et des malversations de tous ordres. Exactement comme cela se passe pour l’ensemble de la classe dominante (hauts dirigeants, hauts fonctionnaires, patrons de presse) qui se pense toujours au-dessus des lois pénales et des obligations qu’elle fixe pourtant pour le reste de l’humanité. On est dans le même cas de figure, dans le même principe abusif.

Face à cela, le seul changement possible est l’instauration d’un contrepouvoir populaire qui passe par ce que fait ce site : la dénonciation des crimes, abus, dérives ; une démarche qui peut également permettre, aider quand cela est encore possible juridiquement et judiciairement, à la mise au pénal des criminels et abuseurs. Et contribuer à informer les catholiques pouvant être séduits par les communautés dérivantes, à se montrer plus prudents.

Cordialement

Françoise

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