En réponse au message :
fanatisme et lien fusionnel@agapé
Il n’est pas besoin de connaître physiquement un individu médiatique pour en faire une idole. Il suffit d’avoir placé un fantasme affectif, sexuel, intellectuel suffisamment fort sur cet individu pour que tout ce qu’il ait dit, fait, écrit, soit vu sous l’angle de la perfection, de l’indépassable et indépassé. Au détriment de faits violents, crimes, etc que la dite idole a commis, hors de toute réalité quotidienne. Le principe du fan qui ne connaît pas son idole (autrement que par oui dire, écrits, concerts, etc) mais fantasme sur le personnage et projette sur lui ou elle les attentes affectives qu’il n’ose pas réaliser dans la réalité existentielle par peur d’être déçu(e) mais aussi par peur d’aimer et d’être aimé, est classique. Rares sont les fans qui connaissent véritablement leurs idoles, les fréquentent. Car si les fans connaissaient la vraie nature de leur idole, le choc serait si grand en terme de sentiment d’abandon, de trahison, que lien réel serait insupportable psychiquement, affectivement. Il est donc primordial de rester dans l’absence de fréquentation et de connaissance de l’idole, c’est même vital pour que le culte de l’idole soit préservé et que le fantasme projeté sur l’idole soit préservé aussi, donc par effet de bord, pour que le fan se sente en réelle sécurité affective.
Si l’idole est morte, c’est même encore mieux. Le culte peut être éternel, comme la défense du personnage quelle qu’ait été son existence, quel qu’ait été son comportement. Elvis Presley, Marylin Monroe continuent de drainer des fans qui ne les ont jamais connus, juste vu leur travail artistique, lu énormément sur eux. Tout ce qui pourrait écorner leurs personnes est vu comme une menace qu’il faut absolument faire taire.
On peut penser aussi aux fans de psychopathes célèbres qui, même s’ils n’ont pas connu les dits psychopathes, sont tellement fascinés par ces personnages et leurs crimes que certains vont jusqu’à imiter leurs idoles en reproduisant les crimes commis et faisant de nouvelles victimes. Ils ont l’impression d’être ainsi dans une filiation et une reconnaissance psycho affective qu’ils n’ont pas reçue dans la vraie vie. En reproduisant les crimes de leur idole, ils deviennent un peu cette idole, ou se lient affectivement à elle par un lien de sang par la reproduction du crime dans sa typologie. Cette recherche de lien fusionnel total montre une immense souffrance et un grand vide intérieur au plan affectif, qui n’a jamais pu être comblé. C’est toute l’affectivité qui se trouve en grande souffrance et ne peut arriver à s’incarner dans le réel autrement que par le truchement d’une idole.
Cordialement
Françoise