En réponse au message :
L’Arche fait la lumière sur la face cachée du P. Thomas Philippe
J’ouvre mon « Prions en Eglise » à la page d’aujourd’hui, et voici l’exhortation que j’y trouve :« Pas de tiédeur ! La Bonne Nouvelle est comme un feu qui purifie et réchauffe. Il arrive que ce feu fasse éclater la vérité, et donc apparaître des divisions. Il faut alors prendre parti pour le Christ. » (je vous laisse trouver les lectures du jour qui y ont conduit 🙂. ) Etonnant, non ? Qu’est-ce, dans une telle problématique, prendre parti pour le Christ ? N’est-ce pas se mettre au service de celui qui souffre, c’est-à-dire ici des victimes ? Oser dire ce qu’il y a à dire, comme l’a fait Jésus jusqu’à être cloué sur la croix ?
Je suis 100% d’accord avec vous quant à l’effort nécessaire de formation en psychologie de nos responsables d’Eglise ainsi que de clarification sur l’articulation psy/spi. Au sujet des déviances et des abus, je sens un manque de repères et d’outils pour lutter contre elles aussi bien que pour se porter au secours des victimes avec compassion et compétence. Je ne veux pas polémiquer ici sur d’autres problématiques, mais il y a du travail…(Certains, cependant s’y atèlent). Et pourtant, à présent, comme vous le pointiez, la psychologie voit de plus en plus la spiritualité en alliée - et inversement - et des ressources sont disponibles pour que leur articulation se fasse de façon saine. Je trouve que les responsables d’Eglise, du fait qu’ils ne peuvent pas non plus devenir experts dans tous les domaines, devraient constituer des équipes de spécialistes de la société civile en lesquelles accepter de faire confiance. Notre pape François a mis heureusement en valeur cette collaboration.
J’apprécie également beaucoup Macha Chmakoff, son regard clair et structuré, accessible, bienveillant et créatif !
Une autre ressource connexe disponible actuellement est le développement de la communication non violente. Etienne Chomé, par exemple, a élaboré une méthode, où il précise l’importance du cadre de droit, de la communication vraie et d’une négociation efficace. Cet outil peut être une arme très utile pour résister aux déviances et aux perversions. (A vrai dire, il me paraît aussi valable pour la vie quotidienne que dans les communautés…)
Merci pour ce que vous avez formulé par la suite - avec le mot adapté du « by-pass » - et qui aboutit effectivement ma pensée. Pour compléter je ferais aussi référence à la parabole du semeur : quand la bonne terre est prête à être ensemencée, les bonnes graines, d’où qu’elles viennent, poussent et se fortifient. En revanche, il importe, en bon jardinier, d’enlever les ronces et les pierres, d’arroser, et c’est d’après moi le rôle, justement, d’un travail psychologique bien situé vis-à-vis de la progression spirituelle. Et quand il y a déviance, c’est tout l’inverse qui s’opère - souvent sous couvert de mysticisme, mais pas que…
Il me semble enfin que la parabole du bon grain et de l’ivraie vaut pour le non-jugement des personnes, puisque le jugement des cœurs revient à Dieu, mais que cela ne diminue en rien l’exigence pour la justice, qui traverse toute la Bible, ni la nécessité de travailler à sa terre. J’avoue que je ne voudrais pas être évêque, tellement ce doit être difficile, mais comme vous je continue à ne pas comprendre l’aveuglement de nombre d’entre eux, voire leur déni. La double peine infligée dans certains cas aux victimes est révoltante et le courage dont celles-ci doivent faire preuve est immense. Serait-ce en partie une question de génération et/ou de trop fort corporatisme masculin ?
Malgré tout, je suis persuadée que le Christ conduit son Eglise, mais aussi que chacun, aura une « traversée de l’Ancien Testament » à vivre dans son histoire, afin de pouvoir accueillir de plus en plus pleinenement la Bonne Nouvelle. Si bien qu’il y aura, à chaque génération, des combats intenses et douloureux à mener. (Je m’offre régulièrement une plongée dans l’Histoire afin de ne pas me laisser sombrer dans le catastrophisme : chaque époque a eu ses combats terribles, ainsi que ses réelles avancées !)(Notre époque me paraît propice à l’« épanouissement » des profils pervers-narcissiques catholiques à travers les fondations nouvelles : peu de reconnaissance donnée aujourd’hui au prêtre, sauf dans ces lieux, besoin exacerbé de figures paternelles, de guides, dans un monde destructuré et sans repères, confusion entre affectif et rationnel, ce qui est favorable à la manipulation, tendance marquée à la toute puissance de la génération des fondateurs pour « sauver » l’Eglise et le monde, etc.)
Merci Sérénité pour cet échange éclairant et fructueux. Haut les cœurs afin de « prendre parti pour le Christ » pour la suite !