En réponse au message :
Bethléem : retour aux fondamentaux
Chère Marie,
J’ai lu avec attention votre commentaire du 11 mars dernier ; commentaire toujours touchant quand il s’agit d’une fratrie.
Touchant, aussi, parce que j’ai eu l’impression d’entendre une jeune sœur rentrée à Bethléem il y a quelques années, et qui, avec beaucoup de candeur, pourrait s’exprimer un peu comme vous : "VRAIMENT"… "Le Seigneur donne une grâce à celles qu’il a VRAIMENT choisi".
Ce sont des propos qu’on entend souvent. Mais, en vous lisant, m’est venue une question : peut-être êtes vous la sœur « d’ O », devenue sœur « E-M » ?
Si vous êtes bien sa sœur, sachez que je ne cherche pas à vous déstabiliser ni à vous faire peur. Mais c’est pour votre sœur, que je me décide à laisser ce commentaire. Car, en conscience, je ne peux pas me taire.
Je vous adresse donc ce "sos", uniquement pour elle et pour l’aider : vous ne voyez votre sœur que quelques heures sur quelques jours par an.
Alors, s’il-vous-plait, n’exaltez pas cette « vocation » à Bethléem. Elle aura besoin de quelqu’un comme cela dans 10 ans : quelqu’un qui puisse l’accueillir et la recueillir quand la soupape lâchera.
Car précisément, et malgré toute la gentillesse des sœurs, de nombreuses erreurs de discernement ont été faites avec la vôtre.
A commencer par son peu de maturité (dû à son âge) que personne n’a pris en compte pour voir si elle était apte à vivre cette vie prétendument "cénobitique" et de solitude où, justement, la solitude est vécue loin de toute sagesse rattachée à la tradition et sans le moindre bon sens élémentaire.
Vous parlez de grâce… "la grâce ne détruit pas la nature, mais la parfait", nous dit St Thomas d’Aquin.
Elle la parfait sans la violenter et en prenant le temps de la nature elle-même. C’est la nature qu’elle parfait, et non des idéaux éthérés de "sainteté".
"Les prieures d’aujourd’hui font très attention au discernement et à l’état psychologique des soeurs"…
On a certainement dû vous le dire et vous y avez cru.
Mais, Marie, pour qu’il en soit ainsi, il faudrait qu’il y ait, au minimum :
- un tout petit peu (euphémisme) moins d’orgueil spirituel à l’intérieur de Bethléem,
- un charisme clair et certain pour faire un discernement "ad hoc",
- une solide formation chez les prieures.
Or ça n’est pas le cas.
Quand je dis : « ne pas exalter cette vocation », cela ne veut pas dire renier le Christ.
Au contraire : soyons bien incarnés pour toutes celles qui ne peuvent plus en prendre le chemin.
Et prions pour que la lumière et la vérité se fassent enfin sur cette communauté lors de la visite, avec des personnes objectives, compétentes et courageuses, qui auront compris l’urgence de la situation, sans s’arrêter à un lifting de façade : à l’intérieur de Bethléem, il y a des "bombes à retardement" qui s’ignorent et qu’on ignore.
Avec toute ma prière pour vous, et surtout pour elle.