En réponse au message :
Lapin surnuméraire fruit de l’abus spirituel
Un symposium s’est tenu en septembre 2024 à Ludwigshafen -diocèse de Speyer- autour de l’abus spirituel. Les tentatives pour le définir a donné lieu à un exercice post symposium rapporté par Alessandra Pozzo. L’approche de Marie-Jo Thiel est éclairante car elle insiste sur le flou de cette notion qui touche l’identité intérieure intime. La définition la plus claire rapportée, et elle correspond au ressenti de l’homme de 80 ans que je suis, est celle-ci : viol du droit à l’autodétermination spirituelle.
Les deux cas parmi d’autres de ressenti personnel ci-dessous sont très anodins, par rapport à ce que beaucoup ont signalés (il n’y a hélas pas que l’OD), mais comme ils concernent tous les croyants et toutes les croyances, si on s’en tient à l’esprit et non à la lettre, ils sont autrement redoutables tant ils sont diffus et banals.
Enfant, j’ai toujours été mal avec la position « à genoux ». C’est pas plus méchant qu’obliger un gaucher à écrire de la main droite, mais, vécu comme une injonction, c’est un abus spirituel… Bien sur, il faut du temps pour en prendre conscience. Une situation pénible m’a permis d’en prendre conscience 65 ans après, quand j’ai vu lors d’une messe, sur le banc devant moi, un enfant de 5 ans se débattre comme un vers alors que sa grand-mère, une main pesant sur chaque épaule du petit, l’a forcé à se mettre à genoux. Sain ce gosse !
Il y a 35 ans, notre curé -bénédictin et théologien thomiste- réunissait une dizaine de paroissiens volontaires pour une soirée de réflexion. Il a choisi -seul- le sujet de la soirée que nous avons découvert quand il l’a ouverte par la question « pour vous, qu’est d’abord un prêtre ? »… trente secondes de silence… puis j’ai « levé le doigt » et dit « d’abord un homme comme les autres » ! … re-silence, yeux baissés… avant que fusent de bonnes réponse comme l’homme du sacré, celui qui nous partage le corps du Christ et nous propose le pardon… Il aurait pu chercher à discuter de ces réponses, mais non !
Je souhaite à chaque victime d’abus spirituel, et à mes yeux nous le sommes tous à des degrés divers, d’avoir la chance de s’en rendre compte par lui-même, et qu’à défaut, il saura éviter de commettre trop de dégâts autour de lui en croyant sincèrement faire le bien. Peut-être aussi que l’Institution finira par comprendre qu’il lui faut admettre de revoir ses fondements à la lumière de l’abus en général, et du spirituel tout particulièrement qui ne dois pas continuer d’être au cœur de son « fond de commerce ».