En réponse au message :
Les lapins surnuméraires
Cher Monsieur,
Votre témoignage enthousiaste ne me surprend guère. Dans l’OD, les membres heureux d’y être, aiment à le proclamer. Moi j’y ai vécu 29 ans comme surnuméraire avec l’impression de faire ménage à…4 avec nos directeurs respectifs. Je ne suis pas partie : ma chère directrice m’a enjoint d’aller m’épanouir ailleurs, du jour au lendemain, sans considération de l’impact que cette mise à la porte pourrait avoir sur mon couple. Mon mari s’est trouvé déchiré entre la loyauté due à l’OD et celle qui découle du sacrement de mariage… Par ailleurs je connais personnellement des membres, numéraires et surnuméraires qui voulaient quitter et qu’on a empêché par tous les moyens de le faire. Une de ces personnes a tenté de mettre fin à ses jours, c’est dire son mal-être. La logique de cette Institution très catholique mais pas toujours évangélique est celle du profit. Comme dans n’importe quelle entreprise, préavis en moins. Vous rapportez des vocations, vous croyez que l’Œuvre est totalement surnaturelle, vous mettez vos talents à son service, vous suivez les indications reçues sur votre vie spirituelle (qui se concrétise bel et bien dans le temporel !), tout va bien. Vous commencez à mettre des bémols…un bilan sera établi à votre sujet. Dès que la balance penchera du mauvais côté…
Loin de moi de vouloir doucher votre enthousiasme mais, avez-vous déjà lu un témoignage à charge ou échangé avec un(e) ex-membre ? En famille, pensez-vous qu’il faille bâillonner toute parole sortant de la bouche d’un adolescent un peu rebelle ? Comment devenir adulte dans la foi s’il faut rendre compte à un tiers (entretiens) de nos choix et décisions à longueur de vie ? Mais surtout, nous risquons de passer à côté de notre mission matrimoniale. De bonne foi, je vous l’accorde.
Isabelle