En réponse au message :
Question a Xavier Léger
C’est à la fois triste, et à la fois encourageant.
Je m’explique : Nous avons été amenés ces dernières années à découvrir que des hommes d’Eglise tenaient parfois un double discours. D’un côté, ils écoutaient nos plaintes avec attention, et parfois même, ils n’hésitaient pas à abonder dans notre sens. De l’autre, on les entendait plus tard tenir un discours différent à l’égard de leurs confrères ou des médias, ou bien se taire là où l’on aurait pu espérer une prise de parole courageuse.
Je raconte dans mon livre ma rencontre avec un évêque… Cette rencontre avait duré deux heures. Au fur et à mesure que je racontais mon histoire, je voyais l’évêque s’écrouler devant moi, visiblement terrifié. De temps en temps, il faisait de remarques, pour montrer qu’il savait ou se doutait bien de telle ou telle chose.
A la fin, j’ai tenté ma chance : « Et vous, vous pourriez faire quelque chose ? » L’évêque a sursauté : « Mais tu veux ma peau ! Tu ne connais pas certains de mes confrères ! » Sic.
On peut ressentir de la colère devant ce manque d’engagement, ou bien y voir la prudence d’un homme d’Eglise, qui est obligé parfois de taire ses convictions, mais qui n’en pense pas moins, et qui, le jour où le vent sera favorable, prendra position.
Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas accabler les hommes d’Eglise ou les accuser trop vite. C’est vrai qu’on peut être tenté de se dire : « Mais bon sang, quand est-ce qu’il va y avoir un évêque qui va oser se lever et dire non ? »
La vérité, c’est que les choses sont beaucoup plus compliquées que ça.
L’important, c’est que les choses évoluent très favorablement depuis quelques temps (pour dire les choses clairement : depuis l’élection du pape François). ça prend du temps, mais les choses avancent.