En réponse au message :
Bethléem, un système à tendance paranoïaque : questions à Sigride
Ce qui peut surprendre, c’est ceci : Si les sœurs étaient comblées affectivement, - ce que Roselyne explique tb dans son témoignage-, et spirituellement aussi bien sûr, puisque Bethléem était présenté comme le top du top, qu’est-ce qui n’allait donc pas pour que x sœurs soient envoyées à l’époque au Canada faire une session dans cet institut ?
Le Canada a été pionnier dans différents domaines de l’accompagnement pour des personnes en difficulté sociale. C’est simplement coûteux de s’y former. Alors que des professionnels du social, mal rémunérés, n’ont pas pu s’y rendre, pour raisons financières, que ce soit dans cet Institut ou dans d’autres organismes, sœur Marie ne reculait donc devant rien.
Comme ce sont des laïcs qui font vivre en grande partie les communautés, et l’Eglise dans son ensemble, leur parole mérite donc d’être aussi entendue. C’est comme pour les impôts : les payeurs sont concernés et en droit de savoir ce qui est fait de leur argent et de donner un avis. Camille ouvre donc, par son témoignage, un autre champ de questionnement, quand elle souligne le côté dépensier des sœurs.
Frère Longin, pour sa part, fait une comparaison très anachronique : avec Paul et François d’Assise. Leur institut de « remise en forme » ou de « formation humaine intégrale », c’était quoi ? En avaient-ils besoin ?
Il fait aussi référence aux victimes du Rwanda. N’est-ce pas une manière implicite de dire que les sœurs étaient victimes, elles aussi ? Si les massacres font des victimes oculaires ou endeuillées de proches, de quoi les sœurs étaient-elles victimes, elles ? cqfd : Roselyne explique que cette formation l’a aidée à partir.
Enfin, le témoignage de Camille n’apparaît pas comme un réquisitoire. Elle souligne des dysfonctionnements et propose diverses solutions.
En le lisant, je me suis rappelé que le monachisme, contemplatif en particulier, créait une dépendance sociale majeure des personnes. Contre prières pour tous, les membres de communautés monastiques sont des dépendants socialement. Or, il y a une responsabilité communautaire et sociétale vis-à-vis de ces personnes dépendantes.
Si je fais l’analogie avec les travailleurs sociaux, la société leur délègue la responsabilité de traiter les problèmes sociaux que nous avons créés, en ne leur donnant pas les moyens d’action suffisants. C’est commode !
Dans une communauté comme Bethléem, même chose : délégation du spirituel -à travers un culte de la beauté surdimensionné- à quelques-uns, au point d’oublier totalement que tout être humain a une dimension physique, psychique et spirituelle. Du coup, dans ce type de communauté, s’auto-proclamant comme répondant au « projet de la Vierge », le monde y est présenté comme « mauvais et moche », voire « démoniaque », comme si la dimension spirituelle était absente chez les autres humains. Or c’est totalement faux.Camille l’explique à sa manière.