En réponse au message :
Bethléem : le témoignage de Sophie
J’ai eu d’énormes difficultés à affronter lors de ma sortie du monastère. Il est vrai qu’intérieurement à ce moment-là je me sentais libérée d’une immense montagne qui semblait reposer sur mes épaules. Je n’étais absolument pas faite pour cette vie de solitude. Cela m’a pris 2 ans pour m’en apercevoir mais j’ai du rester 3 années de plus car j’avais tellement touché « le fond du baril intérieur et extérieur » que j’avais besoin d’un temps où je devais être calmée. Dans mon cas, si la communauté m’avait laissé partir en pleine crise comme je l’étais j’aurais probablement écrit un livre et aurait été une lionne enragée contre toute la communauté. Et j’aurais eu de bonnes raisons de le faire. Et je serai devenue une personne itinérante. Mais cela ne s’est pas passé comme cela. J’ai eu une famille pour m’accueillir et j’ai eu quatre communautés religieuses qui m’ont aidée à refaire ma réinsertion sociale progressive qui a durée 6 mois, car c’est une réinsertion qu’il faut prendre au sérieux. Imaginez-vous de passer du grand silence quotidien à la vie en société comme on l’a connaît ! Mais cela est possible, il ne faut pas avoir peur mes sœurs ! Je parle autant à celles qui ont peur de partir du monastère que celles qui en DIRIGENT leur sortie. C’est un moment très sérieux et douloureux que de quitter cette vie. Il faut préparer la personne mais aussi l’aider à trouver les moyens de sa réinsertion : c’est d’être charitable jusqu’au bout. J’espère que ce message pourra être lu par les responsables de la Communauté des moniales de Bethleem. Ce n’est pas de la rancune mais un conseil très charitable.
Carole