En réponse au message :
Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur
Bonjour, je vous avoue n’avoir lu votre témoignage qu’en diagonale, je l’avais déjà également parcouru il y a quelques temps, en diagonale également. Peut-être parce que ce m’est trop pénible de lire ces choses, comme si elles jetaient une ombre triste sur 8 années de ma vie. Je suis entrée à Bethléem en janvier 1982 et sortie en 1990, avant les voeux perpétuels. Je n’avais pas encore 20 ans en janvier 82, c’est soeur Isabelle aux Monts Voirons qui a discerné ma vocation. Ce qui m’a le plus frappé dans vos écrits, c’est quand vous dites que vous avez eu l’impression de vous réveiller d’un grand sommeil peuplé de cauchemars. Maintenant que j’ai bien vieillie, je réfléchis à ce passé à Bethléem et c’est vrai que j’ai beaucoup de mal à retrouver des souvenirs, à part quelques flashs, comme si j’avais dormi pendant 8 ans. Mais ce n’était pas que des cauchemars. Je garde le souvenir de la prière, de la contemplation, des liturgies, de la vie en pleine nature comme des moments magnifiques, d’une grande beauté. Mais aussi des cauchemars, oui, beaucoup de moments de désespoir. C’est vrai que déjà aux Monts Voirons, sr Isabelle était extrêmement prétentieuse. Je crois qu’elle venait d’une famille noble et nous recevait un peu comme une reine dans son fauteuil, les jambes allongées, prétextant des sciatiques. Par contre, j’ai toujours considéré sr Marie comme une sainte, entièrement dévouée à son œuvre et n’écoutant pas ses douleurs et sa fatigue, toujours par monts et par vaux pour gérer les monastères et visiter ses soeurs. Quand j’ai réussi à quitter Bethléem, après bien des efforts et une immense fatigue morale et physique, c’est à Currière que j’ai revêtu des habits civils et qu’un soeur m’a conduite à la gare. Il y avait sr Marie et fr Patrick pour assister à mon départ, peut-être s’en souvient-il. Je ne garde ni amertume, ni regret de ses 8 années, c’était mon chemin et j’y ai appris beaucoup de choses. Je reste reconnaissante au Seigneur et à toutes mes petites soeurs pour ces belles années. Je pense que tout ce que vous dites est vrai mais je pense aussi qu’on peut l’aborder sous un autre angle qui serait plus bienveillant. Merci en tous cas à vous d’avoir parlé, il faut que ces choses-là soient dites pour ne pas rester dans le flou. Amitiés à vous.