En réponse au message :
Information : vous avez vécu cela ?
A mon avis, c’est comme un sentiment de propriété sur le moine ou la moniale. Qu’il vive encore dans la communauté ou qu’il soit parti, cela ne fait pas tellement de différence. Puisque l’autre vous appartient, vous pouvez disposer à votre guise de ce qui le concerne et donc vous pouvez raconter à qui vous voulez ce qu’il a vous partagé, même de plus intime. Pour ceux et celles qui sont partis, il s’y ajoute un sentiment de peur, la crainte qu’il ou elle puisse dire du mal de la communauté et donc on la fait « suivre », comme vous dites. Dans ce dernier cas, les façons sont multiples, mais cela passe le plus souvent par des anciennes ou anciens religieux qui sont restés proches de la communauté et qui se prêtent volontiers à ce jeu. On vous contacte, on s’intéresse à vous, on vous met en confiance, on vous fait parler sur ce que vous vivez, qui vous fréquentez, vos projets, vos intentions (écrivez-vous un livre, préparez-vous un témoignage contre Bethléem…). Cette personne ensuite, va tout raconter à une soeur ou frère de Bethléem, de préférence un responsable. Cela vous met en valeur auprès de cette prieure ou de ce prieur. On peut se servir aussi d’amis de la communauté. En ce qui me concerne, surtout les toutes premières années après ma sortie, on s’est servi d’une moniale qui était encore dans la communauté, d’une moniale qui venait de sortir de la communauté, d’un ami de la communauté, d’un frère qui était encore dans la communauté. Quand j’ai su que tout ce que je disais était répété, j’ai arrêté et je suis devenu beaucoup plus prudent. Et je connais d’autres anciens ou anciennes qui ont vécu cela. C’est pénible à vivre. On baigne dans le mensonge.