En réponse au message :
Un autre regard
Bonsoir, A Casado
Vous m’écrivez :
"Je vous réponds. Comment pouvez vous donner des leçons à ceux qui témoignent de leur souffrance alors que vous n’avez vécu que deux ans « de ciel » ?
À moi de vous répondre. Je ne savais pas que nous devions passer un "casting" pour savoir qui est "témoignabilé", comme d’autres sont "papabilés". Si la modération avait jugé mon témoignage comme superflu ou irrecevable, il me semble que depuis 2 ans, elle aurait eu le temps de l’effacer. Vous faîtes parti de la modération ? Non. Premier motif de vous calmer vis-à-vis de moi.
Et puis ensuite : que savez-vous exactement du temps qu’il m’a fallu pour me reconstruire après mon expérience à Bethléem ?
Que savez-vous de l’importance que témoigner sur ce site a pu avoir pour moi ?
Que savez-vous exactement de mes souffrances passées et présentes ?
Comment pouvez-vous juger d’autre chose que de votre expérience à vous ?
Quel regard cela vous donne-t-il sur ce qu’un autre que vous a vécu ?
Si je comprends bien, ce site est réservé aux pauvres types comme VOUS, et les pauvres types comme MOI n’ont qu’à dégager ?!
Dans ce cas : auriez-vous l’amabilité d’ouvrir un autre site "l’envers du décor", pour que les pauvres types comme moi, qui n’ont pas la chance de trouver grâce à VOS yeux, puissent être respectés un peu, eux-aussi ?
Ce que vous affirmez est faux : je n’entendais faire la leçon à personne, mais donner simplement mon point de vue. Vous donnez le vôtre : pourquoi le faîtes-vous en voulant nier le mien ? Mais je peux aussi vous comprendre, car ayant beaucoup souffert, vous avez assez normalement tendance à faire souffrir à votre tour… C’est humain, je connais cela, il n’y a en cela rien de grave.
" Comment pouvez-vous dire et simplifier la mort de cette soeur Polonaise ? "
Comment pourrais-je "simplifier la mort" de qqn, s’il vous plaît ? Soeur Miria est morte par le feu, en un acte de suicide, contrairement à ce qu’on nous avait dit.
Mais c’est très simplificateur, justement, d’en faire L’ÉVÉNEMENT CLEF pour mettre toute une communauté en accusation ! Je vous signale qu’il y a eu des suicides DANS D’AUTRES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ( les frères de saint Jean, mais aussi d’autres… même parmis les 12 apôtres !!! ) Et pas plus vous que moi ne savons quoi que ce soit au sujet de soeur Miria : C’EST TOUT CE QUE JE DIS. Merci d’en tenir compte. Et il va sans dire que je respecte profondément sa mémoire, et déplore qu’elle en soit arrivée là.
Il se trouve qu’on nous a inventé une histoire à son sujet ( on : c’est en particulier frère Patrick) , allant même jusqu’à nous demander de l’imiter, en faisant, comme elle avant de mourir, une "magnifique consécration à la sainte Vierge" , ce qui est vraiment, vraiment trop en faire, et pour tout dire : grotesque ( je comprends que l’on cache ce drame, mais il y a certaines limites dans le roman… )
" J’ai fait moi, puisque vous dites que ce fut un cas unique, deux tentatives de suicide à Bethléem. "
CE N’EST PAS MOI QUI AI DIT QUE C’ÉTAIT UN CAS UNIQUE !!!
FABIO AURAIT PU NOUS DIRE LE NOMBRE EXACT DE SOEURS SUICIDÉES : ET ELLES SONT, SEMBLE-T-IL, AU NOMBRE DE 1 ( à moins qu’il en ai oubliées).
Une : c’est beaucoup trop, c’est un drame absolu. Mais voilà qui ne permet pas d’exploiter ce fait comme s’il constituait la règle, et d’en conclure : "À Bethléem, les sœurs se suicident ! " Désolé pour votre douloureuse expérience ! Et vous supposez que moi, cela ne m’a jamais traversé l’esprit ??
" On a voulu me garder toujours à cause de Dom André. J’avais ses homélies et c’est moi qui leur ai fourni toutes les homélies et les us et coutumes de Chartreuse et même le Salve Regina qu’elles chantaient sur les notes des Bénédictins. J’ai souffert, on a souffert, alors je ne vous permets de dire que c’est le ciel. "
Mais justement, madame, JE N’AI ABSOLUMENT PAS BESOIN DE VOTRE PERMISSION pour témoigner de ma propre expérience, comme vous n’avez nullement besoin de la mienne pour dire la vôtre.
Vous semblez dire que vous avez rendu service aux sœurs : que Dieu vous le rende ! Mais elles aussi vous ont rendu service, en vous permettant d’expérimenter, non pas la vie cénobitique chez des bénédictines, qui ne vous attirait pas, mais la vie semi érémitique, très proche de celle des chartreux.
Les frères ne lisaient pas les homélies dont vous parlez, lors de mon séjour chez eux : cela n’empêchait nullement de se nourrir de saint Augustin, saint Jean Chrisostome, la philocalie etc etc…
" Je remercie Fabio que j’ai connu de vue à currière. Je le remercie, car il explique bien et clairement. Aucune sécurité sociale, pas des visites médicales, mais soignés avec les pendules et de l’homéopathie… je ne suis pas contre dans certains cas. "
L’homéopathie ? Il y a débat, cela se respecte. Le pendule ? Pardon, je ne vois strictement aucun fondement biblique ou de tradition chrétienne qui accrédite cette pratique ésotérique.
Je reçois ce que dit Fabio, mais il me semble qu’il ne croit même plus à la vie monastique ! ( j’espère encore en Dieu ? ) Dénoncer des dérives, liées à certaines personnes problématiques : oui ! Mais au nom de quoi en faire un prétexte pour tuer la vie monastique elle-même ??
C’EST DIEU QUI APPELLE À CE GENRE DE VIE : FAUDRA-T-IL LUI FAIRE UN PROCÈS ? Parce qu’Il n’appelle pas QUE à la vie cenobitique, mais aussi à la vie semie eremitique ? Comme d’ailleurs dans d’autres communautés, comme les camaldules, les moines athonites ?
" Je trouve que la réponse violente de Silouane est la preuve de la non-reconnaissance des graves erreurs. "
Détrompez-vous. Connaissez-vous frère Silouane ? Apparemment non, et pourtant, vous le jugez globalement, sur une brève réponse, certes vive, mais dont le but principale était DE SAUVEGARDER SA PROPRE VIE MONASTIQUE, QUI REPOSE ESSENTIELLEMENT SUR LE SILENCE, ET LA FUITE DES "AFFAIRES DU MONDE", AINSI QUE SUR LA LITURGIE .
Vous pensez peut-être que Silouane, quelqu’un de très équilibré et doux - car MOI je le connais, et pas vous - aurait pu vivre sereinement sa vocation, en étant continuellement suspendu à internet , pour répondre aux milliers de critiques qui se seraient infailliblement déchaînées sur lui ?
Vous pensez peut-être qu’il aurait du, en tant que supérieur des frères, répondre : "Ah ben OK, on a tout raté, mince alors ! Bon et bien allez : tout le monde dehors ! ON FEEEERME !!! "
Savez-vous ce que c’est que d’être responsable d’une communauté ? En tout cas, vue votre manière de me mettre sur la touche sans vous préoccuper réellement une seule seconde de moi, je pense que vous n’avez pas grand chose ( actuellement du moins ) à donner comme "leçons" à l’actuelle supérieure des sœurs, pardon de vous le dire : vous aussi, ça "vous soulage" de taper sur les gens, on dirait.
" Et lorsqu’on n’a rien à faire de la personne, car elles implosèrent même de s’habiller en Chartreuses sans la permission des chartreux."
??? Il y a une différence visible, non ? Entre l’habit des sœurs et des frères de Bethléem et celui des chartreux !?
Le point commun, bien sûr, c’est le blanc : mais les chartreux n’ont pas de manches à leur scapulaire, les frères en ont ! Ça m’a suffisamment gêné comme cela pour en être certain.
" Lorsque j’ai eu pour une fois le courage de parler et de dire que cela était un mensonge de se dire chartreuses et de le faire croire, alors on te jette comme une serpillère. "
??? En quoi les soeurs disent : " Nous sommes chartreuses" ?? J’ai toujours entendu dire "disciples de saint Bruno" ( ce qui est parfaitement vrai ), mais JAMAIS chartreux(ses)… et pourtant je connais AUSSI les soeurs de Nemours. Elles prient pour leurs soeurs de chartreuses, ce n’est pas pour dire "c’est nous les chartreux" !
Pardon, mais je pense que votre cas ressemble au mien. Car moi aussi, en entrant chez les frères, j’idealisais tellement LES CHARTREUX qu’il me semblait injuste de ne pas pouvoir aller essayer chez eux aussi, puis "de choisir". C’est un rêve de débutant de croire cela : en réalité, les chartreux n’ont QU’UNE ET UNE SEULE SUPÉRIORITÉ sur les frères et sœurs de Bethléem : L’EXPÉRIENCE de plusieurs siècles d’existence.
Ils savent que tous ne sont pas faits pour leur genre de vie. Et c’est sûrement ce qui a manqué à soeur Marie, et à soeur Isabelle que j’ai eu l’occasion de connaître comme quelqu’un à la personnalité difficile, voire même ambiguë ( ce qu’en dit Fabio ne m’a pas beaucoup étonné, mais nous ne sommes pas là pour juger une pauvre pécheresse ).
Mais soyez-en sûr : si vous n’étiez pas faite pour ce genre de vie solitaire chez les soeurs de Bethléem, il y a fort peu de chance que vous soyez restée chez les chartreuses. Et je sais que c’est très dur à admettre…
"Lorsque je suis partie on m’a donné 2300 francs des mains d’un juriste ? Quelqu’un qui m’a fait signer des papiers. C’est mal écrit, car suis en retard pour un RV. Alors, S’il vous plaît laissez dire la vérité, car nous, moi je suis malade à vie et payons dans notre propre chair. Mais pensons aussi à tant des jeunes qui rentrent dedans attirés par la beauté et les sœurs gentilles, car c’est VRAI il y a des sœurs pleines de fraternité. Mais on ne peut pas se parler. On est emmurées. "
- DES SOEURS "GENTILLES" : CE SONT DES SOEURS QUI SONT PLEINEMENT ÉPANOUIES DANS CE GENRE DE VIE. S’IL Y EN A, POURQUOI FAUDRAIT-IL DESORMAIS EMPÊCHER QU’IL PUISSE Y EN AVOIR DE NOUVELLES, ATTIRÉES PAR LA MÊME CHOSE : LA VIE EN DIEU ?
- ON NE PEUT PAS NON PLUS SE PARLER, ET ON EST ÉGALEMENT EMMURÉS CHEZ LES CHARTREUX, chère amie ! Il n’y a qu’à regarder "Le grand silence" ( film ) pour s’en persuader.
Encore une fois, c’est un genre de vie qui ne convient qu’à un petit nombre, et cela, les frères et les sœurs sont en train de bien l’intégrer.
" Le problème ce sont ces sœurs qui sont à la tête qui ne changent pas. Comment se fait-il qu’une prieure puisse le rester durant 30 ans ? Sr Marie au ciel qu’elle ait la paix. sœur Isabelle… terriblement autoritaire et celle de maintenant d’une dureté de pierre. "
Et là, c’est un problème qui concerne les soeurs : permettez que chez les frères, cela puisse être légèrement différent.
Pour la longueur du priorat : sachez simplement que chez les bénédictins, c’est À VIE qu’un abbé est élu, selon la règle de saint Benoît.
Ce qui ne signifie pas qu’il faille faire comme dit saint Benoît dans sa règle ! Puisque les soeurs ne sont pas bénédictines, justement.
"Je l’ai connu jeune aux Monts Voirons. Comment croire à ces mots écrits " on va changer. Au moins que les jeunes sachent ce que c’est vécu et que sachent se défendre et pas faire comme nous SUBIR en SILENCE."
Et combien vous avez le droit de le dire bien haut ! Et combien je suis heureux que vous le fassiez ! Mais s’il vous plaît, sans cracher sur moi, merci, je ne vous ai rien fait. Ça marche ? On fait comme ça ? En tous les cas je ne vous veux aucun mal, bien au contraire. Je souhaite vraiment que vous puissiez trouver en abondance l’aide, la reconnaissance, le soutient dont vous avez besoin pour accepter de vivre avec vos blessures, sinon de guérir complètement… Je sais ce que cela veut dire, vous pouvez en être certaine. Le problème existe, mais de grâce, ne simplifions pas le problème ( on casse tout, et tout va mieux ! )
Bien à vous, que Dieu vous donne la paix et la consolation.