En réponse au message :
Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur
Monsieur Lemèche,
Vous dites avoir bientôt 80 ans. Ce n’est pas seulement « l’âge où l’on vous écoute avec compassion et politesse », c’est aussi, et surtout l’âge de la sagesse et de la bonté. Je le vois car je travaille en gériatrie.
D’une part, vous employez des termes qui semblent « absolutistes », comme peuvent le faire des adolescents. Vous ne semblez pas « sage » avec des termes tels que torrents de boue, terrifie, etc .. Et cela, alors que Fabio B. énonce des faits et pas seulement du ressenti. Je ne parviens pas à vous voir comme « bon », lorsque vous parlez de nos vies soit disant ratées.
Nous qui avons eu la chance de pouvoir quitter cette communauté, nous ne vivons pas un calvaire, c’est même tout le contraire. Savez-vous ce que cela signifie de vivre, de respirer, de pouvoir penser librement, de goûter aux petits bonheurs de la vie après des années de non vie ?
Un jour, je disais avec tristesse à un prêtre : « j’ai gâché ma vie, et je n’aurai pas d’enfants. » Il m’a répondu : « mais c’est une vie ! » Et je l’ai vérifié, c’est une vie, c’est vrai. Quand je regarde ma vie, c’est sûr qu’elle n’est pas celle dont je pouvais rêver, car il ne faut pas oublier que la plupart de ceux qui entrent en communauté sont généreux et veulent réussir leur vie. Mais oui, c’est une vie que d’avoir franchi les Mer Rouge que l’on a traversées et de n’être pas mort.
A diverses reprises, des personnes m’ont dit « je ne sais pas ce que vous avez vécu, je n’ai pas besoin de le savoir, mais cela vous rend capable de comprendre des situations de souffrance. » Et c’est vrai également.
Monsieur Lemèche, comment auriez-vous réagi si votre dernière fille était sortie de Bethléem après y être entrée ? Savez–vous qu’elle était pressentie par soeur Marie pour devenir prieure générale, qu’elle lui avait réservé un nom, de sorte qu’aucune fille recevant l’habit ne pouvait le porter ?
Monsieur Lemèche, il faut réfléchir avant d’écrire, sinon on risque de donner des bâtons pour se faire battre. Vous connaissez Bethléem depuis longtemps mais vous ne savez pas de quoi vous parlez. Lisez attentivement les témoignages, Fabio n’est pas le seul à écrire. Vous n’avez pas d’obligation à défendre cette communauté, elle a toujours su très bien le faire.
Nous n’écrivons vraiment pas pour nous « venger », comme vous semblez le prétendre mais pour alerter des familles, et pour ceux qui sont partis. Les départs sont toujours cachés, et une fois dehors on peut avoir besoin de rencontrer des ex. Expérience unique d’ailleurs, on ne s’était jamais parlé et on ne se connaissait pas. Que nous soyons entrées en 70, 80, 90 ou 2005, nous avons a vécu la même chose.
Marie-Bernadette