En réponse au message :
Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur
Cher Monsieur Lemèche,
votre réaction illustre parfaitement la raison pour laquelle l’Eglise s’est fourvoyée pendant des décennies (et se fourvoie encore et encore, il suffit de suivre l’actualité) quand elle traite d’affaires criminelles en son sein (qu’il s’agisse d’abus sexuels, psychologiques ou spirituels). Parce que quantité de gens, dans l’Eglise, raisonnent comme vous : à savoir qu’ils croient savoir, alors qu’ils ne savent pas.
Regardez l’histoire du père Maciel (le paradigme, c’est vrai, mais il y en a tant d’autres). Vous savez pourquoi il n’a jamais été inquiété pendant toute sa vie, et a pu violer en toute impunité (et même avec la protection du Vatican !!) des dizaines (centaines ?) d’enfants, détrousser des dizaines de vieilles veuves, corrompre plusieurs générations de religieux et détruire la réputation de toutes ses anciennes victimes ?
Parce qu’il y avait des gens qui tenaient des raisonnements comme le vôtre au Vatican. Des gens qui n’avaient pas besoin d’écouter les récits des victimes, puisqu’ils avaient la vérité, eux ! Des gens qui faisaient, comme vous, des jugements à l’emporte pièce, sans un minimum de prudence ! Des gens qui avaient beau recevoir des rapports alarmants provenant d’évêques, de supérieurs religieux, de professeurs… ces dossiers étaient à leurs yeux forcément faux, puisqu’eux, avec leur petit jugement infaillible, savaient que toutes ces accusations étaient fausses (parce qu’ils avaient rencontré la communauté et son fondateur, et que tout le monde avait l’air tellement gentil et tellement heureux !)
Mais avez-vous seulement conscience des dégâts qu’un tel aveuglement a pu produire ? Savez vous combien de gens ont quitté l’Eglise, écœurés, parce qu’ils s’étaient faits escroqués ou violés et que quand ils écrivaient à la Congrégation pour les Religieux… ils n’obtenaient jamais la moindre réponse ?
Je crois, cher monsieur, que votre problème, c’est que vous présumez des conclusions d’un procès sans avoir pris le soin d’écouter vraiment ce que l’autre partie a à dire. Dans votre cerveau, il n’y a que deux cases : les gentils (qui sont forcément les religieux) et les méchants (ceux qui osent critiquer). Vous vous auto-instituez juge, et selon votre façon de penser, ceux qui se plaignent ont PAR PRINCIPE tort. Excusez moi, cher monsieur, de vous le dire ainsi, malgré le respect qu’on devrait avoir pour votre grand âge : ce genre de raisonnement a fait trop de mal à l’Eglise !