En réponse au message :
Le Vatican reconnait qu’il y a d’autres Maciel dans l’Eglise
Je ne pense pas qu’on puisse se servir de la distinction entre charisme et sainteté pour justifier n’importe quoi. Cette distinction est surtout une distinction de raison. Dans les faits, il ne faut surtout pas qu’ils soient séparés.
Ou plus exactement, je pense qu’il faut faire intervenir ici une autre distinction : celle entre péché véniel et péché grave. Un fondateur n’a pas besoin d’être un grand mystique, mais un homme qui a les pieds sur tête, et une certaine épaisseur humaine. On ne lui demande pas d’être un saint, mais d’être un homme prudent.
Qu’un fondateur ait ses propres fragilités, cela n’est pas un grand problème tant que cela n’interfère pas avec son statut de fondateur, et qu’il reste dans une attitude d’humilité face à ses faiblesses. Bref, tant que ses fautes restent vénielles.
Dans le cas de Maciel, Roucy, Marie-Dominique Philippe, Ephraïm, etc, on n’a pas affaire à des « petites faiblesses », mais à des êtres qui abusent sexuellement des leurs adeptes : des personnes sournoises, manipulatrices et cyniques. Difficile de penser, en voyant leur vie, qu’ils aient pu être des instruments dociles dans les mains de Dieu. Il est plus vraisemblable que ce soient les autorités de l’Eglise qui aient pris des vessies pour des lanternes.
Je ne suis pas théologien, mais je ne pense pas qu’un homme qui est en état constant de péché grave puisse être l’instrument de Dieu. Comment Dieu, qui est tout puissant et hors du temps, qui voit le passé et le futur, pourrait-il accorder une grâce charismatique à un violeur d’enfants ?
Quand Dieu « tire un bien d’un mal », c’est toujours en contredisant le mal (et en restaurant la vérité et la justice qui ont été bafouées). Or ici, on nous dit : « regardez, Dieu va tirer un bien du mal », mais en fait, que fait l’Eglise ? Elle parachève l’œuvre du fondateur… au lieu de faire justice aux victimes.
Le vrai bien arrivera le jour où l’Eglise dira : « Ces œuvres ne sont pas inspirées par Dieu, mais par le démon, qui s’est infiltré dans l’Eglise derrières des faux-semblants de sainteté. Mais ses œuvres ont été révélées au grand jour. Rendons justice aux personnes qui ont été blessées par ces fausses spiritualités ; remboursons les personnes que ces communautés ont escroquées ; implorons le pardons des familles et des personnes qui ont été blessées »
Ce faisant, le monde entier se dirait : Cette Eglise ose maintenant n’avoir aucune complaisance à l’égard de ceux qui commettent l’iniquité en son sein. Elle est vraiment sainte.
C’est seulement ainsi que Dieu pourrait « tirer un bien d’un mal ».
Timothée