Le Vatican reconnait qu’il y a d’autres Maciel dans l’Eglise : Poster un message

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Le Vatican reconnait qu’il y a d’autres Maciel dans l’Eglise

Le samedi 7 juin 2014

Je ne dis pas que tout est rose, loin de là. Je ne dis pas non plus que ce sera facile de démêler le bien du mal, ni que ce sera effectivement possible, ni même souhaitable.

Ce que je dis, c’est qu’il est possible au plan des principes de distinguer entre le charisme d’une congrégation et la sainteté de son fondateur. Et donc qu’il est possible de conserver une congrégation quand bien même son fondateur n’est pas saint. D’ailleurs, en pratique, pas mal de congrégations même anciennes ont un fondateur qui n’est pas saint, qui n’a jamais été canonisé, et qui ne le sera probablement jamais. C’est dommage pour elles, mais c’est ainsi. Et elles n’en existent pas moins pour autant.

Ensuite, il est possible que la congrégation dont il est question ici soit tellement gangrénée qu’il n’y a plus rien à en tirer en pratique. Il est possible qu’elle n’ait jamais reçu un véritable charisme, et que dès le départ ce n’était qu’une vaste entreprise criminelle. C’est possible, mais ce n’est pas à moi d’en juger : je n’en ai ni la compétence ni la charge.

Il y a des personnes qui ont été nommées par le Saint-Siège pour cela, et il faut qu’il puissent faire ce travail d’évaluation, de discernement en toute clarté. Il semble qu’ils aient estimé qu’il était possible de sauver quelque chose, et de reconnaître un charisme authentique, malgré les déficiences objectives du fondateur. C’est ce qu’établissait un rapport rendu public.

Bon, je prend acte de ce jugement, et note qu’il s’appuie en effet sur une distinction classique. Voilà tout.

Au départ de cette discussion, il y a donc l’article ci-dessus où l’auteur établissait cette distinction entre charisme du fondateur et sainteté du fondateur. On présentait cela comme une découverte, alors que c’est quelque chose de tellement classique que cela me paraissait banal. D’où ma simple remarque de départ qui se bornait à le reprendre comme une évidence — au plan des principes.

Ensuite, vous n’avez cessé de m’attaquer en niant que cette distinction fut classique, en réfutant son bien-fondé théologique. Je suis désolé, mais elle est bien ancienne, bien établie dans la doctrine de S. Thomas, et elle se fonde sur l’Écriture. La question n’est pas là.

Il eut mieux valu porter le débat ailleurs : non pas au plan des principes, qui sont incontestables, mais au plan du discernement en pratique de la situation de cette congrégation. Et là, je ne dis pas que vous avez tort.

Tout ce que je dis, c’est qu’il est POSSIBLE que Dieu se serve même d’un pécheur pour faire une œuvre sainte. Ce n’est d’ailleurs pas différent du cas des sacrements, puisqu’il s’agit là aussi d’une causalité instrumentale, avec cette autre distinction fort traditionnelle entre l’opus operis et l’opus operantis. Du coup, cela nécessitera de discerner dans cette œuvre entre la part divine qui est bonne, et la part humaine dûe au péché du fondateur, qui ne relève pas alors du charisme mais de son péché. Ce n’est pas tout blanc ou tout noir : il faut faire le tri.

Tout ce que je dis, c’est que ce travail de discernement est théoriquement POSSIBLE. Je ne dis pas qu’il l’est toujours en pratique, parce qu’il y a des cas où non seulement le fondateur n’est pas saint, mais il n’a pas non plus reçu un charisme authentique de fondation, de sorte que cette fondation n’est vraiment pas l’œuvre de Dieu. Mais là non plus, ce n’est pas toujours facile de le voir du premier coup, parce que « Satan lui-même se déguise en ange de lumière ».

Je n’affirme donc pas que cette congrégation dont il est question vient de Dieu, qu’elle a un charisme authentique, et qu’il fallait la sauver coûte que coûte. Parce que ce n’est pas à moi d’en juger. D’autres que moi ont reçu cette charge d’authentifier ou non son charisme et de discerner pour voir s’il est possible ou non de démêler le bien du mal. Je leur souhaite bon courage car la tâche est ardue.

Il est possible aussi qu’ils se trompent, ou qu’ils soient abusés, ou qu’ils continuent à tromper. Mais ce n’était pas sur ce point que je voulais intervenir — même si c’est sur ce point que vous m’avez attaqué dès le début.

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