En réponse au message :
Le Vatican reconnait qu’il y a d’autres Maciel dans l’Eglise
D’abord, ce qui a marqué la fin du système Maciel, c’est le fait que le Cardinal Ratzinger est devenu pape. Il a pu intervenir directement pour obtenir ce qu’il n’avait pas pu obtenir en n’étant que le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
C’est dire en effet que les complicité étaient bien installées en effet jusque dans la Curie romaine, aveuglée ou séduite. Le diable sait y faire pour se déguiser en ange de lumière. Mais je ne confonds pas la Curie romaine avec la Sainte Église, la personne et le personnel de l’Église, même s’il y a un lien entre les deux.
Dans ma communauté, nous avons un ancien de la légion. Il y est entré, attiré par un idéal de sainteté. Et il y a passé des années en faisant du bien, persuadé que l’œuvre était bonne. Il a été trompé comme les autres, cela lui a pris des années pour s’en rendre compte, et des années pour s’en remettre. Il ne dit pas qu’on a eu tort de ne pas dissoudre cette communauté, ni qu’on a eu raison de la conserver. Simplement, que l’avenir le dira.
Pouvait-on nier tout cet idéal de sainteté authentique qui animait une immense partie de cette communauté ? Certes, un poison a été semé, et il faudra du temps pour l’en guérir. Peut-être est-ce une tâche impossible ? Mais peut-être est-ce désespérer de la grâce de croire que l’on est tombé tellement bas que même Dieu ne peut pas nous sauver.
Certes beaucoup d’œuvres et d’actions n’avaient que l’apparence du bien, et n’étaient là que pour faire du chiffre, persuader d’une œuvre bonne. Mais pouvez vous dire cela d’absolument tous les membres de la communauté ? C’est faire peu de cas de tous ceux qui y sont entrés pour s’y sanctifier, et on sincèrement voulu et cru faire le bien pendant tant d’années. Ce serait aussi une grave injustice. Ce serait vraiment jeter le bon grain avec l’ivraie.
Lorsque du bien est fait en vue d’un mal, la fin ne justifiant pas les moyens, c’est tout l’acte qui est mauvais. Mais qui est mauvais pour celui qui pose cet acte, pas nécessairement pour les intermédiaires. Si je vais à la pharmacie pour acheter un médicament qui va sauver une vie, c’est un acte bon. Mais si j’utilise ce même médicament pour empoisonner quelqu’un, c’est un acte mauvais. Un acte mauvais pour moi qui vais l’administer, pas pour le pharmacien qui me l’a procuré.
Dans une œuvre d’ensemble, même si le fondateur a fondé une communauté dans un but pervers, il reste qu’un certain bien a été fait, et que ceux qui l’ont fait sans être complice du mal ont pu faire du bien.
Le mal corrompt tout : oui, à condition de lui ouvrir les portes.